RFI
FO – SNJ - SNRT/CGT – SNJ/CGT – SUD
Durant neuf ans, Jean-Paul Cluzel, alors président de RFI, a co-géré l’entreprise avec la section CFDT de RFI. Les quatre années suivantes, Alain de Pouzilhac a suivi son exemple. Comment s’étonner que devant la gabegie à laquelle a conduit ce mode de management, consistant à refuser d’écouter le point de vue de ceux qui ne procèdent pas à un échange de services avec la direction, Jean-Paul Cluzel n’ait d’autre solution à préconiser que de poursuivre la cogestion entre la direction de l’AEF et la section RFI de la CFDT ! On ne manquera pas de noter que M. Cluzel se garde bien de détailler les contreparties exigées (et obtenues) par ce "meilleur interlocuteur". On le comprend. Cela serait de nature à jeter une ombre sur le mode de gestion qu’il préconise. On remarquera aussi que ce paragraphe du rapport Cluzel avait vocation à rester secret. Nous pensons au contraire que les acteurs de l’audiovisuel extérieur et les décideurs ont tout à gagner à ce que cette recommandation honteuse (dans tous les sens du terme) soit rendue publique. C’est ce que nous faisons ici.
Extrait du "rapport Cluzel":
Ce que j’appelle la « réforme d’AEF » est la solution qui a clairement le soutien de la CFDT. Celle-ci me l’a fait savoir officieusement, mais sans ambigüité. La CFDT sera par ailleurs, toujours selon les mêmes sources dignes de confiance, fermement opposée aux solutions d’adossement à Radio France et à France Télévisions, que je vais évoquer plus loin. Ces questions ont été évoquées auprès de M François Chérèque par mes interlocuteurs.Aux yeux de l’intersyndicale de RFI, qui réunit la CGT , FO et le SNJ, la CFDT est considérée comme « compromise » avec M de Pouzilhac. L’intersyndicale estime que son combat contre ce dernier depuis 2008 mérite la récompense politique qu’elle attend du nouveau Gouvernement, c’est-à-dire la disparition d’AEF.Le Gouvernement est donc apparemment acculé à choisir entre la CFDT et l’intersyndicale.Mon opinion est la suivante :· la CFDT est un meilleur interlocuteur : elle l’a toujours été ; c’est grâce à elle que l’accord du 4 avril 2009 a pu être signé à RFI qui a créé la qualification de « technicien chargé de réalisation » (TCR) qui fusionne les métiers traditionnels de technicien et d’assistant ; cet accord, unique dans l’audiovisuel public, a permis à la technique de RFI de faire de très notables économies de personnel et pourrait constituer un exemple, pour Radio France par exemple ;· l’appui de la CFDT sera nécessaire, quelle que soit l’évolution des structures juridiques, pour faire aboutir les négociations en cours dans chacune des sociétés de l’audiovisuel public ; le calendrier de ces négociations est pressant[2] ;· la CFDT représente 33%[3] des voix dans AEF prise dans son ensemble, mais pourrait bénéficier du soutien de la CFTC et de la CGC et représenter alors un peu plus que la majorité ; à RFI, la CFDT rassemble à elle seule 40,6% des voix, le reste allant à l’intersyndicale, dont 18,9% à la CGT , qui sera absente de tout accord, quel qu’il soit, à mon sens.La « réforme d’AEF » est donc syndicalement « jouable », pourvu qu’elle bénéficie d’un appui sans faille du Gouvernement et qu’elle n’apparaisse pas comme un moyen de faire survivre « la fusion » à M de Pouzilhac. Il n’est pas anodin à cet égard qu’une supposée « fuite » parue dans « Le Point.fr » du vendredi 22 juin sous la signature de Michel Colomès présente cette solution comme celle qui aurait ma préférence et la qualifie de « désaveu de la politique menée par Pouzilhac ». L’auteur du présent rapport n’est pour rien dans cette fuite, mais elle ne constitue pas un mauvais départ pour la communication gouvernementale, si cette voie devait être retenue. L’article d’Emmanuel Beretta, toujours dans le même journal, va dans le même sens.
[2] Pour les journalistes, le délai de survie de l’avenant audiovisuel à la CCNTJ est arrivé à échéance le 8 février 2011, et les sociétés concernées ont soit déjà conclu un accord de substitution (France Télévisions le 15 septembre 2011), soit mis en place des mesures unilatérales (Radio France et RFI). Par ailleurs, s’agissant des accords de substitution à la CCCPA , le délai est fixé avant le 8 octobre 2012 pour l’ensemble des sociétés concernées (France Télévisions, Radio France, RFI).
Effectivement, ils ne sont absolument plus dans le rôle syndical, et depuis longtemps, mais plutôt dans l’accompagnement de la casse de RFI, avec des intêrets personnels en remerciement de leur collaboration.
La CFDT est toujours, toujours du côté du manche. Ils étaient avec Pouzilhac, quand ils ont senti le vent tourner, ils se sont mis du côté des socialistes. Heureusement, je crois que plus personne – et pas le PS – n’est dupe.
Ces gens-là n’ont honte de rien…
Vous avez bien fait de balancer l’info.
sidérant….