LETTRE OUVERTE à Mme Geneviève Goetzinger, Directrice déléguée de RFI
Madame,
C’est avec la plus grande stupéfaction que nous avons pris connaissance par le biais du Canard Enchainé du 28 janvier de vos propos tenus dans Ouest-France (23/01) :
« Les émissions en allemand se justifiaient avant la chute du mur. Aujourd’hui, c’est à la limite injurieux pour les Allemands. »
Non, nous n’avons jamais considéré le « mur de Berlin » comme notre raison d’être.
Pour rappel, le 22 janvier 1963 a été signé le Traité de l’Elysée par MM Charles de Gaulle (Président de la République française) et Konrad Adenauer (Chancelier de la République Fédérale d’Allemagne – Allemagne de l’Ouest !) qui définit les relations particulières entre la France et l’Allemagne et constitue le fondement de l’amitié franco-allemande. Il stipule le renforcement de la coopération entre les deux pays et encourage le développement d’une connaissance mutuelle dans tous les domaines.
Tel est l’esprit qui a toujours inspiré notre travail, l’inspire actuellement et devrait l’inspirer dans l’avenir.
Non, nos auditeurs ne se sentent pas injuriés, comme nous l’avons pu constater à travers les nombreuses réactions après l’annonce de la fermeture notre rédaction. Vous pouvez consulter ces témoignages au secrétariat de la Direction de RFI, où nous les avons déposés.
Permettez-nous, Madame, de nous sentir injuriés par vos propos insultants vis-à-vis du travail de la rédaction allemande de RFI.
La Rédaction allemande 30 janvier 2009
P.-S. : Si la décision de fermer la rédaction était basée sur cette considération erronée il serait temps de changer d’avis. On reste à votre entière disposition pour vous expliquer la mission de nos émissions et l’attente de nos auditeurs.
Depuis octobre, l’Association des Amis de RFI-Berlin a initié plusieurs actions:
une campagne de protestations par emails, avec plus d’un millier de mails envoyés
une campagne de protestation par pétition qui a réuni de nombreuses signatures à Berlin/Brandenbourg, dont de nombreux parents d’élèves d’écoles franco-allemandes
une campagne d’informations auprès des auditeurs de RFI par email et tracts qui a aboutit à des initiatives spontanées et indépendantes de l’Association auprès de la Direction Générale de RFI
une lettre ouverte signée par de nombreuses personalités allemandes et françaises de la culture, politique et du milieu académique
une interpellation de députés et sénateurs
une interpellation de l’Ambassadeur de France à Berlin, restée sans réponse
deux demandes d’audiences à Madame Ockrent, restées sans réponse
Il y a deux jours, nous avons envoyé une nouvelle lettre à M. de Pouzilhac
Ce matin, l’Association a distribué des tracts et déroulé une banderole en marge de la rencontre du Ministre des AE allemand et de M. Bruno le Maire à l’occasion d’un débat sur l’Europe au Staatsoper de Berlin afin d’attirer l’attention des participants, du public et des médias.
Un auditeur de Rfi membre des Amis de Rfi-Berlin
pour voir les lettres et une image de la banderole:
http://atelier.ning.com/profiles/blogs/rfi-en-crise
Lettre adressée le 22 octobre 2008 par quatre
journalistes de la rédaction allemande à Alain de Pouzilhac.
Paris, le 22 octobre 2008
Monsieur le Président,
La rédaction allemande de RFI était très contente de vous voir après votre nomination passer régulièrement dans notre rédaction pour nous saluer. La dernière fois vous vous êtes dit ouvert à discuter du contenu et de l’avenir de nos émissions.
Après la publication de l’article dans LES ECHOS, le 13 octobre 2008, le temps nous parait venu de rentrer en contact direct avec vous – pour vous présenter notre situation, notre analyse et nos projets – base fondamentale de tout dialogue constructif.
Les journalistes de la rédaction allemande proposent aujourd’hui la plus grande plateforme audio en langue allemande qui informe sur la France. Nous disposons du plus grand réservoir d’auditeurs en Europe (110 millions de germanophones).
L’objectif de nos émissions est de maintenir l’auditeur informé grâce à un éventail de sujets (politique, économie, société, culture, musique, tourisme) sur l’évolution de la société française dans une Europe de plus en plus intégrée et un monde de plus en plus globalisé. En tant que vecteur des relations franco-allemandes, notre rédaction contribue à l’émergence d’une conscience européenne.
Les atouts de nos émissions :
La France bénéficie auprès des Allemands d’une image très positive. Le pays les fascine et les intrigue, mais ne les laisse pas indifférents. La France est le premier partenaire politique, mais aussi le premier client économique de l’Allemagne. Depuis l’arrivée du nouveau président Sarkozy, l’intérêt pour le voisin augmente.
La rédaction allemande a développé depuis des années une approche franco-allemande ouverte sur l’Europe avec l’originalité de disposer d’une rédaction à Paris et d’un bureau à Berlin. Nous produisons des émissions avec un regard croisé qui était aussi cher à Madame Ockrent avec son émission « France-Europe-Express ». Dernièrement ARTE a lancé une nouvelle émission intitulée « Paris -Berlin », un débat enregistré alternativement à Paris et à Berlin avec des personnalités européennes autour d’un thème lié à l’actualité. Côté presse, il y avait le lancement de la revue « Paris-Berlin » également centrée sur l’actualité dans les deux pays et un regard croisé. Toujours dans la presse le lancement du bimensuel « Frankreich erleben » autour de l’actualité française, le savoir vivre et la vie quotidienne des Français. Bref, ARTE, « Paris-Berlin », « Frankreich erleben » appliquent des formules que nous avons développées depuis longtemps.
RFI dispose avec la rédaction allemande d’un médium incontournable pour faire connaître le point de vue français des leaders d’opinion auprès de la plus grande communauté linguistique de l’UE. Du côté de la rédaction et du côté des auditeurs, le potentiel n’attend qu’à être activé.
Avec le lancement de notre nouveau site internet, nous enregistrons depuis plusieurs mois des augmentations de taille (34 % en septembre 2008). Or, depuis 2006 notre équipe a été réduite de moitié (5 postes supprimés sur 10). L’ancienne direction n’a entrepris aucune démarche pour trouver de nouvelles fréquences et de nouveaux moyens de diffusions.
Dans ces conditions le développement de notre auditoire et de nos antennes ainsi que de notre site internet est fortement mis en cause.
Nous espérons qu’avec votre nomination, le regard de la direction sur le travail de notre rédaction, sur la valeur et le potentiel de nos émissions changera.
Notre objectif que nous jugeons réaliste est de multiplier par dix le trafic sur notre site internet et de transformer notre fréquence FM à Berlin en véritable vitrine pour un savoir-faire et un savoir-informer franco-allemand et européen unique en son genre.
Nous vous serions très reconnaissants si vous acceptiez de nous recevoir pour discuter avec vous de ces sujets.
Nous restons à votre entière disposition, et vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de nos sentiments les plus respectueux.
Au nom de tous les collaborateurs de la rédaction allemande
Siegfried Forster Günter Liehr Achim Lippold Ann-Catherine Cavalli
siegfried.forster@rfi.fr <mailto:siegfried.forster@rfi.fr> gunter.liehr@rfi.fr <mailto:gunter.liehr@rfi.fr> achim.lippold@rfi.fr ann-catherine.cavalli@rfi.fr
La nouvelle direction de « Radio France Internationale» envisage la fermeture de six rédactions en langue étrangère dont la rédaction allemande. Une décision qui concerne également le studio de RFI à Berlin, la fréquence FM dans la capitale allemande et le site web. Ce qui équivaut à une mort annoncée d’une des vitrines les plus importantes de la France en Allemagne.
Dans la nouvelle stratégie de « L’Audiovisuel Extérieur Français » l’Europe, et plus précisément l’Allemagne, n’ont plus leur place. Une telle décision pendant la présidence française de l’Union Européenne nous semble un très mauvais signal en direction du partenaire d’Outre-Rhin. Elle est aussi à l’opposé de l’ambition politique qui consiste à faire redémarrer le moteur franco-allemand. Surtout dans un contexte qui a vu resurgir des malentendus et des divergences entre les deux partenaires et où le français est en constante régression en Allemagne. Notre mission consiste justement à combattre les idées reçues sur la France (et qui sont toujours véhiculés dans les médias allemands). Notre objectif est de susciter l’intérêt et la compréhension pour la France à travers des reportages, des interviews, des débats et des regards croisés. Nos émissions sont un moyen de sensibilisation pour la langue et la culture française. Depuis un an nous sommes partie intégrante du réseau radio et internet européen « Euranet ».
Soutenez-nous dans notre combat ! Envoyez nous cette phrase simple : « Oui, je suis pour le maintien des émissions en langue allemande de RFI». Nous avons besoin de tous les soutiens pour que la direction de RFI change d’avis.
E-Mail : HYPERLINK "mailto:cecile.balay@rfi.fr" cecile.balay@rfi.fr
Par courrier : Radio France International (RFI)
Service allemand
75762 Paris Cedex 16
RFI : LA PLUS GRANDE PLATE-FORME AUDIO EN ALLEMAND
RFI propose l’information audio la plus complète et approfondie en allemand sur la France. Les émissions s’adressent au plus grand réservoir d’auditeurs en Europe (110 millions de germanophones locuteurs natifs, mais de moins en moins francophones). Elles parlent de politique, d’économie et de culture françaises et accordent une large place à la chanson francophone.
RFI : RENDRE LA FRANCE PLUS PROCHE
Le programme fait mieux connaître la vision française de l’actualité. Il l’explique et la confronte à d’autres approches européennes, notamment allemandes. Comme d’autres institutions franco-allemandes, la rédaction allemande est un vecteur culturel important. Notre site web permet d’écouter émissions, reportages et interviews en différé et en podcast sur HYPERLINK "http://www.rfi.fr/deutsch" http://www.rfi.fr/deutsch.
RFI: UN ACTEUR CULTUREL A BERLIN
Depuis 1994 RFI a sa propre FM (106) à Berlin, une ville qui est devenue au fil des ans LA capitale culturelle de l’Europe. La rédaction berlinoise de RFI accompagne cette métamorphose. Elle est devenue elle-même un acteur de cette effervescence culturelle en promouvant et en participant à de nombreux événements francophones. Signe de l’ancrage réussi dans le paysage audiovisuel berlinois est le succès du club des auditeurs ( HYPERLINK "http://www.clubrfiberlin.net" \o "http://www.clubrfiberlin.net/" http://www.clubrfiberlin.net) et la toute récente naissance de l’association des amis de RFI à Berlin.
RFI : IMPULSIONS POUR UN AUTRE REGARD SUR LA FRANCE ET L’EUROPE
RFI soutient l’échange entre jeunes français et allemands, provoque les débats entre acteurs des deux pays, contribue à l’émergence d’une opinion publique européenne. Dernier projet en date : un partenariat avec le club berlinois « Peugeot Avenue », qui lance une série de débats ouverts à tous et diffusés en direct de la prestigieuse avenue « Unter den Linden ». Le premier débat le 6 novembre 2008 aura pour thème l’impact des élections américaines sur la France et l’Allemagne.
La rédaction allemande de RFI
Französischer Auslandssender RFI leitet freiwillige Weggänge ein
– Deutscher Dienst soll eingestellt werden =
Paris, 26. Oktober (AFP) – Für den deutschen Dienst beim französischen Auslandsradio RFI wird es offenbar ernst: Mitarbeiter, die den Sender freiwillig verlassen wollen, können sich ab Mittwoch melden, teilte die Geschäftsführung am Montag mit.
Nach einmonatiger Frist hätten sie dann zehn Tage Zeit, den Antrag eventuell zurückzuziehen. Radio France International hatte am Freitag einen neuen Sparplan vorgelegt, nachdem ein erster Plan im Januar heftigen Protest und monatelangen Streik ausgelöst hatte.
Der Sender will 206 von rund tausend Stellen streichen und sechs Auslandsprogramme streichen, darunter auch das deutsche.
Die deutsche Redaktion hatte im Mai beiBundeskanzlerin Angela Merkel (CDU) und Frankreichs Staatschef Nicolas Sarkozy gegen das geplante Aus protestiert. Wenn die RFI-Leitung das deutsche Programm einstelle und ihr Berliner Büro dichtmache, stehe dies "im krassen Gegensatz" zu den von Merkel und Sarkozy formulierten Zielen der deutsch-französischen Verständigung, argumentierten die Mitarbeiter. Neben dem deutschen Dienst will der Sender auch den polnischen, türkischen, albanischen, serbo-kroatischen und laotischen Dienst aufgeben.
RFI arbeitet ähnlich wie die Deutsche Welle. Der Auslandssender, der sich zu 95 Prozent aus Rundfunkgebühren und staatlichen Zuschüssen finanziert, hatte vergangenes Jahr einen Verlust von neun Millionen Euro eingefahren. Nach Plänen der französischen
Regierung soll er unter dem Dach einer Holding künftig mit dem Fernseh-Nachrichtensender France 24 und dem Auslandsfernsehen TV5Monde zusammenarbeiten.
P R E S S E M I T T E I L U N G
DJV solidarisch mit
RFI-Kollegen in Frankreich
Berlin, 16.06.2009 – Der Deutsche Journalisten-Verband hat sich mit den von Entlassung bedrohten Beschäftigten von Radio France International (RFI) solidarisch erklärt. „Kämpfen Sie weiter für den Erhalt Ihrer Arbeitsplätze und für den Fortbestand des internationalen Programms bei RFI“, appellierte DJV-Bundesvorsitzender Michael Konken an die Kolleginnen und Kollegen bei dem französischen Auslandsradio.
Der Sender will rund 200 von insgesamt 1.000 Stellen streichen. Sechs Sprachendienste sollen geschlossen werden. Davon wäre auch die Berliner RFI-Redaktion betroffen. Gegen die drohenden Entlassungen streiken RFI-Mitarbeiter seit Anfang Mai – nach Angaben der französischen Gewerkschaften der längste Streik im französischen Rundfunk seit 1968. Unterstützung erfuhren sie bereits durch die DJV-Betriebsgruppe bei der Deutschen Welle.
„Radio France International leistet einen wichtigen Beitrag für die deutsch-französische Freundschaft“, sagte Konken. Von dem drohenden Stellenabbau seien daher auch Radiohörer in Deutschland betroffen.
Referat Presse- und Öffentlichkeitsarbeit:
Hendrik Zörner
Lettre ouverte de la rédaction allemande de Radio France Internationale (RFI) à Madame Angela Merkel, Chancelière de la République Fédérale d’Allemagne, et Monsieur Nicolas Sarkozy, Président de la République française
Madame la Chancelière, Monsieur le Président,
Vous vous êtes engagés récemment en paroles et en actes pour l’entente franco-allemande. A plusieurs reprises, vous avez souligné le caractère unique de la relation entre nos deux pays. Monsieur le Président, vous avez dit début avril lors du Sommet de l’OTAN à Strasbourg :
“L’entente, l’amitié entre l’Allemagne et la France, ce n’est pas simplement un choix, c’est un devoir (…) de porter l’amitié entre nos deux peuples comme un trésor, peut-être le plus précieux, le plus nécessaire en Europe.”
Or, la Direction de RFI ne voit pas les choses de cette façon. Elle a décidé de fermer la rédaction allemande et son bureau de Berlin. Ainsi disparaît la plateforme pour l’information audio et web la plus complète et approfondie sur la France en allemand. Dans la nouvelle stratégie de « l’Audiovisuel Extérieur de la France » l’Europe et l’Allemagne n’ont plus leur place. Elle est à l’exact opposé de vos ambitions politiques.
A l’annonce de la Direction de RFI d’arrêter les émissions en allemand, M. Klaus Wowereit, Maire de Berlin et Ministre plénipotentiaire de la République Fédérale d’Allemagne pour les affaires culturelles franco-allemandes, déclarait : « La fermeture de la rédaction…donnerait l’impression que l’espace culturel germanophone n’intéresserait plus la France. Car la rédaction allemande est devenue une vitrine importante de notre coopération. »
Pour rappel : L’esprit qui a toujours inspiré notre travail se nourrit bel et bien du Traité de l’Elysée signé en 1963 par MM. Charles de Gaulle et Konrad Adenauer, qui constitue le fondement de l’amitié franco-allemande. C’est avec stupéfaction que nous avons pris connaissance, par le biais de la presse, des propos tenus par un membre de la Direction de RFI: « Les émissions en allemand se justifiaient avant la chute du mur. Aujourd’hui, c’est à la limite injurieux pour les Allemands.» Le Mur de Berlin n’a jamais été notre raison d’être comme veut le faire croire la Direction.
Etant donné le nombre d’Allemands apprenant le français toujours en baisse, notre mission consiste – plus que jamais – à susciter l’intérêt et la compréhension des germanophones (110 millions) pour la France. Nous contribuons tous les jours à stimuler cette amitié franco-allemande, que vous, Madame la Chancelière, avez jadis qualifiée d’«essentielle».
Est-ce que vous, Madame la Chancelière et Monsieur le Président, pourriez admettre qu’une entreprise d’Etat méprise ainsi votre volonté politique ?
La rédaction allemande de RFI
Paris, le 22 mai 2009