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Archive for 15 juin 2009

A la veille de la manifestation de ce mardi en direction de l’Élysée pour réclamer à nouveau la nomination d’un médiateur et le retrait du PSE, les salariés de RFI se sont adressés à leur collègues de Radio France, conviés à la manif, tout comme le personnel de France Télévision et de l’AFP.

Ecoutez le reportage à la pause déjeuner, lors de la vente de T-Shirts et de la signature de notre pétition de soutien

Une équipe de France 3 IDF présente lors de l'échange avec les salariés de Radio France

Une équipe de France 3 IDF présente lors de l'échange avec les salariés de Radio France

Et voici le tract qui leur a été distribué

APPEL DE L’ASSEMBLEE GENERALE

ET DES SYNDICATS FO, SNJ, SNJ-CGT et SNRT-CGT DE RFI

AUX SALARIES DE RADIO FRANCE ET DE L’AUDIOVISUEL PUBLIC

Paris, le 12 juin 2009

Nous salariés de RFI entrerons ce mardi dans notre sixième semaine de grève. Nous nous battons contre un plan qui prévoit la suppression de 206 postes (22% des effectifs) sur l’ensemble de nos services. Un plan qui inclut des licenciements secs, la fermeture six rédactions de langues étrangères, le départ de près d’un tiers des réalisateurs et techniciens à la faveur de la généralisation du statut de TCR, et privilégie le départ des plus anciens, porteurs de notre mémoire et de notre expérience…

Cette grève est née de l’exaspération des salariés devant les mensonges répétés de notre direction et leur refus d’ouvrir toute négociation digne de ce nom.

Après nous avoir promis qu’il n’y aurait pas de licenciement, après nous avoir fait miroiter un nouveau projet éditorial, porteur de sens et d’avenir, et dans lequel nombre de salariés s’étaient impliqués, notre direction a mis et met en place des grilles de programmes, qui, quelles que soient leurs qualités ou défauts propres, organisent la baisse d’activité et justifient par avance les suppressions de postes qu’elle tente de nous imposer.

Alors même que le plan social est suspendu par une décision de justice, la direction veut le faire passer en force, signifiant bien son mépris pour les salariés qui soutiennent majoritairement cette grève.

Au delà du sort des femmes et des hommes qui pourraient demain être contraints au départ, c’est l’avenir de l’ensemble des salariés qui est en jeu et le type de radio que nous voulons défendre qui est mis en cause.

Le sort réservé avant nous à Radio Monte Carlo Doualiya, un dépeçage organisé au profit de France 24, qui la contraint aujourd’hui à diffuser des sons produits pour la télévision, nous montre bien le type de « synergie » que comptent mettre en place les dirigeants de l’Audiovisuel Extérieur de la France (AEF) …

Un alignement vers le bas de nos conditions de travail, une précarisation croissante des journalistes et personnels techniques au mépris de la qualité et de l’indépendance éditoriale de nos antennes.

Nous ne sommes pas les seuls concernés :

A la remise en cause des conventions collectives de l’audiovisuel public s’ajoute un plan de 900 suppressions de postes à France Télévisions.

A l’AFP, les menaces sur le statut et l’indépendance de l’agence s’accompagnent aussi de menaces sur l’emploi.

Dans tout ces cas, la responsabilité de l’Etat est engagée.

Nous refusons d’être le laboratoire social ou s’expérimentent les réformes qui vous seront peut-être appliquées demain :

Nos dirigeants ont pris grand soin d’échelonner et de différencier les échéances dans nos diverses sociétés. Ne leur laissons pas la maîtrise du calendrier et saisissons pour cela toutes les occasions de faire cause commune, de démontrer notre mobilisation et notre vigilance. La solidarité n’est pas un mot d’ordre abstrait mais la condition sine qua non pour enrayer une logique mortifère.

Notre combat est aussi le votre : manifestons ensemble mardi 16 juin contre la mise à sac de l’audiovisuel public.

MANIFESTATION 16 JUIN 2009

15h

DEPUIS LA PLACE DE L’ALMA EN DIRECTION DE L’ELYSEE

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Qui veut la peau de RFI ?

Le gouvernement souhaite regrouper les services d’information par radio et TV en direction de l’étranger. Excellente idée, mais dont les effets seraient gravement négatifs si elle enlevait à RFI une partie importante de ses moyens. J’ai souvent répondu à des journalistes de différentes rédactions de RFI et chaque fois ils avaient lu le livre présenté et connaissaient parfaitement le sujet traité. Beaucoup d’entre eux étaient en effet des intellectuels qui avaient choisi la France terre d’exil.

Le recul de la langue française est partout rapide et probablement irréversible, mais il faut défendre les points de résistance que sont les noyaux de francophones, sortis de familles françaises, formés par les lycées, les écoles publiques ou privées et aidés par des centres culturels dont la qualité est en général remarquable et qui représentent souvent un des principaux lieux de création culturelle dans la ville où ils sont placés. Dans ces centres de culture française RFI apporte, plus encore que des informations, l’air du pays, les échos des débats en cours, la présentation des livres, des expositions, ou des concerts auxquels s’intéresse le public français. Et ceux qui iront étudier en France comme ceux qui y ont déjà été et ceux qui participent avec des français à des réseaux internationaux de recherches et d’initiatives reçoivent, grâce à RFI, mille preuves que la langue française est une langue vivante, une langue de travail. Quelques millions d’euros valent-ils d’affaiblir la culture française et sa présence dans le monde ?.

Alain Touraine

Directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales

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Une direction à cran

La lecture du compte rendu de l’audition d’Alain de Pouzilhac et de Christine Ockrent devant la Commission des affaires culturelles du Sénat, le 10 juin, est instructive :

 

  • La grève rend nos dirigeants pour le moins nerveux : « Mme Marie-Christine Blandin, après avoir déploré le ton polémique des dirigeants de RFI, a déclaré qu’elle ne pouvait, dans ces conditions, continuer à participer aux travaux de la commission. »

Pour sa part, la sénatrice Claudine Lepage témoigne : « Ces auditions débutent dans un climat qui confirme l’impression de radicalisation du conflit : le ton de nos interlocuteurs est virulent pour présenter la situation de RFI dans le contexte de conflit social actuel, la justification des mesures prises est véhémente. »

 

  • La situation inquiète les sénateurs : « M. Jacques Legendre, président, a rappelé que la commission des affaires culturelles était particulièrement inquiète de la situation actuelle à RFI et que ses membres étaient attachés à ce que la qualité exceptionnelle de ses services et de ses personnels, tout autant que son rang de radio internationale incontournable, soient préservés. Ces exigences seront naturellement défendues par la commission avec autant de passion que celle manifestée par la direction de la société Audiovisuel extérieur de la France. »

 

  • Les sénateurs incriminent la tutelle : « M. Louis Duvernois a insisté, quant à lui, sur l’échec de la tutelle à réformer RFI ces dernières années, ce qui a entraîné les problèmes d’aujourd’hui, et a demandé quelles étaient les perspectives de sortie de crise pour RFI. »

 

  • Alain de Pouzilhac redoute la décision de justice du 17 juin : « La suspension du plan social par décision judiciaire aurait pour conséquence d’augmenter le déficit de RFI de deux millions d’euros. »

 

  • Notre PDG n’aurait rien contre une baisse de notre budget au profit de France 24 : « La dotation de l’Etat à RFI lui paraît au demeurant assez élevée au regard de celles attribuées à France 24 et à TV5. »

 

  •  Il se permet de proférer une contrevérité grossière :  « M. Alain de Pouzilhac a estimé que la principale difficulté de RFI résidait dans le volume de sa masse salariale qui représente 52 % du budget global, ce qui est un taux bien supérieur aux autres chaînes de radio. » C’est tout simplement faux : le poids de la masse salariale est largement supérieur à Radio France qu’à RFI.

 

  •  Enfin, Alain de Pouzilhac ne recule pas devant un pur mensonge : « Il a déploré que trois syndicats minoritaires (la Confédération générale du travail, le Syndicat national des journalistes et Force ouvrière) refusent de revenir à la table des négociations et organisent la reconduction quotidienne de la grève, alors même que les organisations syndicales majoritaires (la Confédération française démocratique du travail et la Confédération générale des cadres) continuent de négocier avec la direction en vue d’améliorer les conditions des départs volontaires. » C’est tout simplement l’inverse qui est vrai : l’intersyndicale FO-CGT-SNJ est majoritaire au Comité d’entreprise. Les salariés viennent  d’ailleurs de lui renouveler leur confiance en lui accordant plus de 62 % des voix aux toutes récentes élections professionnelles.   

 

 Si nos dirigeants sont capables de se comporter de cette façon avec des sénateurs, on imagine comment ils peuvent pratiquer le dialogue social avec les élus du personnel. C’est la preuve même de l’impérieuse nécessité d’un médiateur à RFI.

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