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Archive for octobre 2009

Chapitre 3 :

La CFDT, cheval de Troie d’une direction hors-la-loi

Après que la minorité des élus du Comité d’entreprise a voté et donc entériné vendredi 23 octobre le plan de licenciements, Alain de Pouzilhac les a chaleureusement remerciés. Il y avait de quoi ! On venait de lui rendre un fier service lui permettant d’annoncer une victoire à ses commanditaires de l’Elysée qui, au bout de neuf mois de procédure, commençaient à s’impatienter.

La CFDT-RFI, elle, n’avait pas fait mystère des ses intentions. Dès la veille elle avait, avec grandiloquence, sommé la direction « d’ouvrir, sans plus tarder, la période de candidatures au départ volontaire », comme si ce n’était le vœu le plus cher de cette dernière. Au passage, ce syndicat se permet de qualifier la mobilisation acharnée du personnel et la plus longue grève de l’histoire de l’audiovisuel de « tergiversation, de temps perdu et d’énergie dépensée ».

Dans la guerre sociale qu’il mène à RFI, Alain de Pouzilhac a donc réussi à diviser le front syndical en y trouvant des supplétifs. Car dans toute guerre, il y a les déserteurs et il y a… les traîtres. Ces derniers portent aujourd’hui l’étiquette de la CFDT.

Ce syndicat a une histoire tumultueuse à RFI. Mais dans cette histoire, il y a une constante : la CFDT a toujours cherché par un moyen ou par un autre à être l’interlocuteur voire le partenaire privilégié des directions successives. Pour cela, elle s’est appuyée sur sa représentativité et son image réformiste.

 Avoir été l’interlocuteur de Jean-Paul Cluzel pour développer le tout-info est une chose. Mais devenir le partenaire d’Alain de Pouzilhac et de Christine Ockrent pour accompagner le plan de licenciement est une tout autre affaire. Pourtant, au tout début, la CFDT avait tenu des propos martiaux. Ainsi, dès le 28 février 2008, faut-il le rappeler à nouveau, le délégué syndical Raphaël Reynes réagissait à une fuite sur le rapport Benamou sur le blog de la CFDT RFI,  jugeant qu’il était « complètement aberrant d’imaginer qu’il faille supprimer 115 postes de journalistes pour continuer à faire tourner une radio internationale, une télévision internationale et une télévision francophone ».

Et le délégué CFDT d’asséner cet avertissement : « Il faut que les conseillers de l’Elysée et les futurs patrons de France Monde soient conscients que nous avons une vieille tradition de combat syndical à RFI et que nous ne sommes pas prêts à laisser ces sociétés être déconstruites sans qu’il y ait un vrai combat syndical. »

Très vite les nouveaux dirigeants de RFI vont se rendre compte que la CFDT aboie mais ne mord pas, pour peu qu’elle reçoive la « considération » qu’elle estime lui être due. Il est vrai que des « leaders » syndicaux qu’on chasse par la porte mais qui reviennent par la fenêtre, qui sont prêts à oublier le licenciement de deux de leurs adhérents éminents : voilà qui a dû convaincre le couple Pouzilhac-Ockrent d’employer au mieux ces bonnes volontés.

Le « vrai combat syndical » de la CFDT sera donc ne pas participer à la mère de toutes les batailles syndicales, en se plaçant « dans un état d’esprit constructif, s’inscrivant dans une vision à long terme ». Cet état d’esprit l’a amenée à valider tous les votes décisifs confortant les volontés éradicatrices de nos patrons-voyous, que ce soit au Comité d’entreprise ou au CHSCT.

À force de pratiquer la cogestion, la CFDT-RFI a fini par basculer définitivement de l’autre côté du cheval. Elle est devenue un syndicat patronal.

SNJ   SNJ-CGT   CGT-SNRT   FO

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La direction voulait que la séance du Comité d’entreprise extraordinaire, convoquée ce vendredi 23 octobre, soit le point final d’une procédure qui dure depuis 9 mois. Exceptionnellement, pour l’occasion, le président était présent alors qu’on ne l’avait pas vu au CE depuis 5 mois. Mais en réalité, cette réunion ne fait que donner le coup d’envoi d’une nouvelle bataille judiciaire.

 La majorité des élus considère que cette séance a été convoquée de façon illégale :

  •  La séance, selon la direction, était la reprise de la séance suspendue le 29 juin, soit 4 mois plus tard. Si une suspension a lieu, elle doit faire l’objet d’un vote. Or la séance du 29 juin a été suspendue sans vote.
  • La séance de ce jour a été convoquée sans un ordre du jour propre, malgré les dispositions légales.
  • La direction a présenté un document (Livre III) profondément remanié, comportant notamment 100 pages de plus, ce qui aurait dû l’amener à reprendre la procédure depuis le début.
  •  Enfin et surtout, ce nouveau Livre III ne répond pas aux injonctions de l’arrêt de la Cour d’appel.

 Le contenu de ce  nouveau plan présenté au Comité d’entreprise est plus illégal encore que le précédent, notamment sur les mesures de reclassement.

 Après avoir voté 3 délibérations, la majorité des élus a levé la séance et s’est retirée.

La direction a ensuite continué à siéger avec les autres élus.

Dans ces conditions, dès maintenant, le CE a décidé de saisir la justice pour faire condamner la direction de RFI à se mettre enfin en conformité avec la loi.

La majorité des élus estime que la procédure d’information et consultation du Livre III redémarre à son début. Ainsi,  nous avons désigné un expert-comptable qui fera son travail d’analyse, et nous espérons que la direction de RFI et de l’AEF n’entravera pas ses démarches.

 Au total, nos employeurs continuent à passer outre les décisions de justice qui les condamnent. Ce comportement est irresponsable, et nos dirigeants savent pertinemment les risques auxquels ils s’exposent.

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A écouter et faire écouter… le rap de la rentrée !

Carla Prima Donna

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C’est une devinette. Qui donc a bien pu énoncer ce credo ?

« Les plans de départs volontaires se développent, car les ruptures pour motif économique se multiplient et il reste très compliqué de mettre en place une procédure de licenciement économique dès lors que plus de dix salariés sont concernés. Le contentieux collectif peut retarder la mise en œuvre du PSE : les tribunaux suspendent régulièrement les procédures d’information et de consultation du C.E. De nombreuses entreprises se trouvent condamnées et sont contraintes de suspendre ou d’annuler leur PSE. Le contentieux post licenciement portant sur le motif économique, le reclassement et l’ordre des licenciements est également abondant et risqué et les entreprises sont souvent condamnées, car il reste difficile de prouver qu’il est impossible de reclasser un salarié lorsque l’on fait partie d’un grand groupe. Sans parler des conflits sociaux.

Le plan de départs volontaires permet de contourner ces difficultés. Il est socialement plus acceptable pour les salariés, mais aussi pour les syndicats, qui ne vont pas être amenés à jouer un rôle de bouclier. Pour l’employeur, cela lui permet d’éviter les conflits sociaux et de limiter les contentieux, voire d’en éviter certains. Quand il y a plan de départs volontaires, les ruptures du contrat de travail sont des ruptures amiables, il ne peut donc y avoir de contentieux sur le motif économique, puisque ce n’est pas un licenciement. De même, il ne saurait y avoir de contentieux sur l’ordre des licenciements qui ne s’applique pas aux ruptures amiables.

Ce sont les raisons pour lesquelles les entreprises ont intérêt à élaborer un plan de départs volontaires (…)  »

 (LEXBASE HEBDO n° 365 du Jeudi 1 Octobre 2009 – Edition SOCIALE).

L’auteure de ces propos n’est autre que l’avocate de la direction de RFI. Depuis plusieurs mois, nous côtoyons, ou plutôt nous affrontons, avec nos avocats, Maître Elisabeth Laherre dans tous les prétoires. C’est elle, en effet, qui défend avec acharnement le plan de licenciement que la direction de RFI veut commettre, n’hésitant pas d’ailleurs à faire feu de tout bois pour nous mettre en échec. Elle exécute ce pour quoi elle est engagée : Me Laherre est avocate du travail, spécialisée côté patronal. Mais une fois qu’elle arrête ses effets de manche et qu’elle tombe sa robe d’avocate, elle n’en pense pas moins. Car dans le secret de son bureau, elle conseille aux employeurs qui veulent réduire leur personnel d’opter pour un plan de départs volontaires plutôt que de se lancer dans l’aventure d’un plan de licenciements économiques. Elle sait de quoi elle parle : dans le dossier RFI, elle a déjà perdu en appel à 2 reprises, et ce n’est pas terminé.

Alors, on peut se poser la question : pourquoi la direction de RFI n’a-t-elle pas écouté les conseils de son avocate ? Pourquoi cet acharnement à passer en force, à licencier prés du quart du personnel sans véritable justification économique, après un double désaveu de la Cour d’appel ? Pourquoi avoir ouvert deux fronts simultanément : celui du plan social, celui de la Convention collective, et avoir annoncé en sus la privatisation de la société ? Pourquoi cette « stratégie de l’électrochoc », ce mépris des décisions de justice, ce dénigrement systématique des salariés et de leurs syndicats ? Pourquoi tant de violence si ce n’est par pur dogmatisme idéologique, afin d’infliger un cuisante défaite à ces « manants » de RFI. C’est sans doute parce que nos dirigeants se sentent investis d’une mission « élyséenne », pensent n’avoir de comptes à rendre qu’au « château » et se croient décidément au-dessus de tout.

SNJ- FO – CGT  RFI 

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Trois Sénateurs (Madame Claudine Lepage, Madame Monique Cerisier ben-Guiga et Monsieur Richard Yung) représentants des Français de l’Etranger ont demandé au Ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, la nomination d’un médiateur social à RFI. 

Lire ici : lettre 3 sénateurs

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fantomeOn en apprend des vertes et des pas mûres dans la presse. Les salariés de RFI ont eu la surprise de lire le 6 octobre une interview d’Alain de Pouzilhac aux Échos dans laquelle notre PDG annonce une chute dramatique de l’auditoire de RFI qui aurait fondu de 8 millions d’auditeurs en 4 ans. Le lendemain même, nouvelle stupéfaction en lisant une nouvelle interview du PDG dans Média +, le quotidien des professionnels des médias, où il annonce le désengagement progressif de l’État actionnaire d’ici 2012, c’est-à-dire la privatisation à court terme de la société. Ces deux informations capitales n’ont jamais été communiquées au Comité d’entreprise, ce qui constitue en soi un délit d’entrave. Une majorité d’élus a donc décidé de convoquer un CE extraordinaire ce 16 octobre pour entendre enfin leur président. Hélas ce fut chaise vide et huissier de justice.

Il est vrai que depuis 5 mois, Alain de Pouzilhac ne se montre plus au CE, pas plus que son alter ego Christine Ockrent, pourtant directrice générale de RFI. Ces oiseaux de mauvais augure n’ont fait que quelques apparitions fantomatiques à leurs réunions de persuasion des salariés, avec le succès que l’on connaît. À la dernière de ces réunions, il n’y avait plus que 5 salariés pour 4 membres de la direction.

S’il est d’une extrême discrétion à RFI, Alain de Pouzilhac l’est beaucoup moins à l’extérieur où il se répand à tort et souvent de travers, toujours pour dénigrer ses salariés et parfois même pour les insulter. « Les salariés de RFI sont des cons et les syndicats sont des soviétiques. Il n’y a rien à tirer de RFI » a dit Alain de Pouzilhac le 17 septembre. Des paroles prononcées en privé mais qui n’ont pas tardé à parvenir sur la place publique, sans jamais avoir été démenties par l’intéressé.  

Alain de Pouzilhac n’est pas seul à jacasser de la sorte. Sa très peu aimable moitié à la tête de RFI n’est pas en reste pour ce qui est des cancans perfides. Côté gentillesse, elle qualifie RFI de « radio tam-tam ». Et voici pour le versant méchanceté : « RFI, c’est une morgue dont les cadavres ne veulent pas quitter leurs tiroirs ».

 Ce concert criard de nos oiseaux de malheur finit par nous casser les oreilles. Qu’ils aillent donc enfin caqueter ailleurs !

SNJ     FO     SNRT-CGT     SNJ-CGT

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« La semaine dernière, j’étais à Berlin, il y avait les élections. J’ai rien compris, j’parle pas allemand »

(Alain de Pouzilhac, Libération, 7 octobre 2009)

Vous ne parlez pas non plus très bien le français, Monsieur le Président. Mais là n’est point le propos.

Que n’avez-vous écouté RFI quand vous étiez à Berlin !

Nos envoyés spéciaux, correspondants permanents, reportages variés et émissions spéciales vous auraient éclairé.

Mais savez-vous seulement que RFI diffuse à Berlin sur 106 FM ?  En français et en allemand, 24h sur 24.

Dans votre hâte de supprimer la rédaction allemande, vous avez déjà tiré un trait sur les fréquences de Rfi à Leipzig, Dresde et Chemnitz,  mais pour l’instant, l’émetteur de Berlin a résisté à « votre modernisation ».

Vous êtes si occupé à dénigrer RFI, la radio que vous présidez, que vous ne pensez même pas à l’écouter.

Au-delà de tout cela, comment osez- vous, vous PDG  d’une radio internationale, vous vanter d’être à Berlin un jour aussi important  pour l’Allemagne et l’Europe toute entière, et de n’y rien comprendre ? Visiblement sans  même chercher  à y comprendre quelque chose ?

Vous ne dirigez pas un casino ni une société agro-alimentaire!  

Imaginerait-on le patron du « Monde », de «Libération » ,de  « France Télévision » ou de la « BBC »  séjourner  dans un pays le jour d’élections cruciales, et se vanter de n’y rien comprendre ?

Monsieur de Pouzilhac, vous nous faites honte ! 

PS : Pour votre information, Angela Merkel restera Chancelière.

SNJ   SNJ-CGT   CGT-SNRT   FO

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