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Archive for décembre 2009

Nous le racontions dans un précédent communiqué : 270 salariés de RFI ont décidé de quitter l’entreprise, de « quitter leurs tiroirs ».  

201 ont vu leur demande de départ volontaire acceptée, 69 autres ont été recalés au premier tour. Pour eux, le sentiment qui domine est la frustration et la colère. Ils l’expliquent dans une lettre adressée à Mr de Pouzilhac le 28 décembre : 

Monsieur le Président

A l’issue de la réunion de la commission de suivi qui s’est tenue le 17 décembre dernier dans le cadre du PSE, 201 salariés de RFI ont vu leur candidature à un départ volontaire validée. 69 autres salariés ont vu leur candidature rejetée.

Nous, les candidates et candidats au départ, signataires de cette lettre, dont la candidature a été rejetée, voulons vous dire notre réaction de colère, notre sentiment d’injustice et le refus de cette décision

Colère parce que, au cours de l’année 2009, une fois lancé le PSE, vous avez incité les salariés à se porter volontaires au départ. 270 d’entre eux l’ont fait. 270 projets, 270 engagements vis-à-vis de l’extérieur, 270 changements de vie. Mais aujourd’hui, nous voyons tous ces préparatifs réduits à néant. Nous ne pouvons accepter que les choix de carrière et de vie que nous avons été poussés à faire soient anéantis par des décisions que nous ressentons comme arbitraires et injustes.

Les décisions que vos directeurs ont été amenés à prendre sont arbitraires et injustes parce qu’elles ne répondent à aucun critère objectif. Ceux-là même qui avaient été énoncés dans le PSE n’ont pas été respectés. D’où vient que disposer d’une promesse d’un emploi sûr et protégé soit une garantie de voir son dossier de départ volontaire accepté ? D’où vient que les dossiers validés par le cabinet BPI et jugés viables, aient été jugés « non viables » par vos directeurs ? D’où vient que des salariés n’ayant aucun projet de reconversion aient vu leur départ jugé « viable » au détriment d’autres qui avaient mis sur pied des entreprises, par exemple

Nous, les candidates et candidats au départ volontaire dont la candidature a été rejetée de manière arbitraire et injuste, voulons donc vous dire, Monsieur le Président, que nous n’entendons pas en rester-là. Outre que nous voyons mal comment nous pouvons rester mobilisés au service d’une entreprise qui nous a floués, nous entendons faire valoir nos droits à un départ de RFI dans l’honneur et la dignité. Nous entendons profiter des mêmes conditions de départ que nos 201 collègues. Nous n’entendons pas être les victimes de la politique sociale de l’entreprise.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de nos sentiments distingués.

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Les salariés ne baissent pas les bras… 2010 s’annonce troublée :

dans l’Humanité :  » En 2010, les salariés de RFI restent mobilisés  » (le 28/12/09)

Satmag.fr de du 21 décembre : la grève du 7 janvier pour laisser partir 69 salariés

et l’AFP du 22 décembre :

Plan social à RFI : appel à la grève « illimitée » à partir du 7 janvier  (AFP)

PARIS — Les syndicats FO, SNJ, SNJ-CGT et SNRT-CGT de Radio France Internationale (RFI) appellent lundi à une grève « illimitée » à partir du 7 janvier pour demander notamment à la direction d’accepter de faire partir l’ensemble des volontaires au départ dans le cadre du plan social.

Quelque 270 salariés de la station publique sont candidats au départ dans le cadre du plan social qui ne prévoit que 201 suppressions d’emplois sur un millier.

« Il y a 69 +recalés+ du volontariat. Nous voudrions qu’ils soient acceptés au départ car une personne qui fait cette démarche se met dans une logique de quitter l’entreprise », a expliqué Maria Afonso, secrétaire (FO) du comité d’entreprise.

Les quatre syndicats, à l’origine de la précédente grève contre le plan social – la plus longue de l’audiovisuel public depuis 1968 – demandent « le remplacement des salariés correspondant aux 69 postes supplémentaires qui seront ainsi libérés », expliquent-ils dans un communiqué.

Ils demandent aussi un « engagement écrit de la direction qu’il n’y aura pas de licenciement sec ou contraints » et « l’ouverture de négociations sérieuses sur les conditions et l’organisation du travail ».

« On veut respecter la trêve des confiseurs », a commenté Mme Afonso au sujet du choix de la date. Les « recalés du volontariat » doivent tenir de leur côté une assemblée générale mardi.

Le guichet départs, ouvert fin octobre, a été clos début décembre. Etant donné le nombre importants de candidats, la direction souhaite s’en tenir dans un premier temps à 201 départs car « avec 270 suppressions de postes non remplacés, l’entreprise ne tournerait pas », selon elle.

Le plan social annoncé en janvier prévoyait initialement 206 suppressions d’emplois mais comme cinq postes étaient déjà non pourvus, le chiffre a été fixé à 201.

Le plan annonçait également la fermeture de six rédactions de langues (allemand, albanais, polonais, serbo-croate, turc et laotien). La diffusion hertzienne des programmes de RFI en allemand, polonais, laotien et albanais s’est arrêtée le 19 décembre. Le turc, uniquement accessible sur le net, doit cesser le 31 décembre. Les programmes de la rédaction serbo-croate de RFI continuent d’être diffusés via une filiale.

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Il a neigé sur RFI

Noël à RFI, c’est champagne pour les uns et soupe à la grimace pour les autres.

« RFI, c’est une morgue dont les cadavres ne veulent pas quitter leurs tiroirs » avait dit Christine Ockrent peu après son arrivée à la tête de RFI. Mais les cadavres bougent encore. Ils se sont même remis en marche. 270 d’entre eux ont décidé de quitter leurs tiroirs. Ils ont choisi la liberté au risque de la précarité plutôt que subir les caprices de l’hydre à deux têtes qui les dirige. 201 ont vu leur demande de départ volontaire acceptée, 69 autres ont été recalés au premier tour. Et puis il y a tous ceux qui restent avec la perspective d’une réorganisation drastique, de conditions de travail qui menacent de se dégrader, d’une nouvelle convention collective qui va rogner les avantages acquis et d’un déménagement à risque.

En cette veille de Noël à RFI, il y a donc ceux qui trinquent et ceux qui boivent.  Ces derniers, qui se comptent sur les doigts d’une main, attendent leur bonus de fin d’année. Mais quels objectifs ont-ils réellement atteints ?

La direction de RFI aurait tort de pavoiser. Elle s’est totalement discréditée et pas seulement auprès de ses salariés.

D’un point de vue social, son bilan est une véritable catastrophe :

–      elle a accumulé les mensonges (situation financière truquée, résultats d’audience tronqués) pour justifier un PSE injustifiable créant ainsi un grave trouble au sein du personnel;

–       elle est rejetée par une grande majorité du personnel, rejet illustré par le nombre important de volontaires au départ, alors que les salariés de RFI sont traditionnellement très attachés à leur entreprise. C’est sans précédent dans les annales de l’audiovisuel public, et ce, dans un contexte de crise économique ;

–         elle a prouvé qu’elle ne concevait les relations sociales qu’en termes de rapport de forces, se situant résolument dans le conflit permanent.

Du point de vue de la « marque RFI », la direction s’est livrée à un véritable sabotage :

–      en décrivant faussement et publiquement une situation financière « catastrophique » et en fustigeant une prétendue « culture du déficit », elle a sapé le crédit de l’entreprise ;

–      en affirmant faussement et publiquement que l’audience était en baisse, elle a affaibli la  position de RFI par rapport à ses grandes concurrentes internationales

–      en dénigrant systématiquement ses salariés, elle a jeté le discrédit sur l’expertise des personnels qui a toujours fait la force de la « radio mondiale » et pris le risque de détourner les auditeurs vers d’autres médias concurrents.

D’un point de vue stratégique, ce n’est guère mieux :

–      plus d’un an et demi après sa nomination, la direction n’a toujours pas défini de réelle stratégie ni de projet d’entreprise pour la radio ;

–      sa seule stratégie se résume à réduire la voilure c’est-à-dire à abandonner des positions pour se recentrer exclusivement, ou presque, sur l’Afrique francophone et anglophone ;

–      ce choix délibéré de faire de RFI « une radio internationale pour l’Afrique » est une erreur stratégique dans la mesure où, s’il convient certes de développer les positions sur ce continent, un fort courant politique existe en Afrique pour promouvoir une radio et une télévision panafricaine d’information « faites par les africains pour les africains » dans le but d’amoindrir l’influence de RFI et les ambitions de France 24 ;

–      cette posture de retrait est en contradiction avec les orientations du président de la République pour l’AEF : « Il ne s’agit pas de faire moins, mais mieux et plus » ;

–      après plus d’un an et demi d’exercice, la direction tarde à mettre en œuvre les synergies prévues avec France 24, RFI étant de toute évidence, dans son esprit, le « parent pauvre » de l’AEF ;

–      malgré les piètres résultats enregistrés par France 24 en termes d’auditoire, c’est la télévision qui bénéficiera le plus du Contrat d’objectifs et de moyens en cours de négociation au détriment de RFI, les nouveaux dirigeants estimant que la radio est un « média dépassé ».

Pour toutes ces raisons, notre combat est encore loin d’être terminé contre cette direction. Jusqu’à présent, nous avons surtout réussi à faire respecter la loi, et à éviter un PSE « discriminatoire » contre les langues et contre certaines catégories du personnel. Nos deux victoires en appel ont été celles de la dignité contre le mépris et l’arrogance. Et ce n’est pas fini. D’autres actions judiciaires sont en cours. Un nouveau préavis de grève a été déposé pour le 7 janvier.

C’est une nouvelle année  de lutte qui va commencer à RFI !

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Voici le témoignage d’un salarié. Il raconte avec émotion et justesse la tristesse, la frustation et la colère qu’ont ressenties nombre d’entre nous en ce vendredi noir.

 
 
 » Bonsoir à tous,

Je viens de vivre aujourd’hui ma journée la plus éprouvante à RFI depuis que j’y bosse…

La dernière antenne laotienne s’est tue définitivement à 12h30 au 149, en présence de nombreux salariés venus soutenir et applaudir les personnels de la section… C’était émouvant et infiniment triste.

17h , fin du tout dernier direct albanais. Etaient groupés aux alentours du studio 149 des collègues. Comme les journalistes et réalisatrice laotiens, les Albanais ont été très touchés par cette manifestation de solidarité, et ce soutien moral.

18h-19h au 136, s’est déroulée la toute dernière antenne allemande de la journée, et de l’histoire de RFI, après près de 65 ans de diffusion !! Beaucoup de monde en studio: quasiment tous les journalistes de la rédaction, ainsi que plusieurs anciens pigistes et CDD qui tenaient à participer à cette toute dernière édition. Côté cabine aussi, c’était impressionnant, car nombreux sont les salariés qui sont venus faire un tour au 136. Duplex avec Berlin, regrets et amertume de voir ce lien merveilleux entre la France et l’ Allemagne rompu brutalement après toutes ces décennies.

18h59 mn 59s la dernière antenne polonaise a rendu son dernier souffle au même moment que l’antenne allemande. Etant aux manettes du 136, je n’ai pu assister à cette dernière émission… mais merci du fond du coeur à l’équipe polonaise pour son accueil chaleureux ce soir au sein de sa rédaction, autour d’un buffet généreux.

Ce 18 décembre 2009 marque la fin d’une époque pour RFI

Pour nos dirigeants, c’était sans aucun doute une journée un peu grise… baisse de 0,95% du CAC 40, soit un recul sur la semaine de 0,24%, mais nous qui avons vécu, et tant aimé cette diversité culturelle et linguistique, ce melting pot que constituait RFI, nous sommes abattus de voir disparaître une telle richesse, dont pouvaient profiter nos nombreux auditeurs, au nom d’une soi-disant stratégie confuse, hasardeuse, peu engageante pour les salariés qui resteront demain dans l’entreprise.

5 heures d’antenne en moins quotidiennement… pour reconstruire quoi derrière, au juste????

Ce soir je me sens vaguement nauséeux, car j’ai la conviction d’assister depuis des mois à un immense gâchis des compétences, dont ce 18 décembre 2009 constitue en quelque sorte le point d’orgue.

Ce soir j’ai le coeur gros. »

Lire aussi l’article Vendredi Noir sur Le Post.fr

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(Déc 09)

 » La FFE s’inquiète des derniers développements du plan de restructuration interne de RFI. Les effets du plan social conduiraient au départ volontaire de 260 salariés, soit une baisse d’environ 20% des effectifs globaux. La « fuite des cerveaux » ainsi mise en œuvre et encouragée par la direction de la radio, pénalisera fortement le travail des rédactions, déjà épuisées par un conflit social qui dure depuis le début de l’année 2009. On peut craindre le pire si les départs volontaires (50 départs volontaires de plus que le nombre de postes supprimés par la direction) correspondent à des services essentiels. On peut s’inquiéter aussi du manque de stratégie de la part de la Direction sur la reconversion interne du personnel qui devra forcement s’opérer afin de préserver ces services.

La FFE condamne le ralentissement probable d’activité d’une radio qui est pourtant la troisième station la plus écoutée dans le monde, après les prestigieuses BBC World et Voice of America.

Le processus de réduction de la diffusion nous semble préjudiciable à l’équilibre global de fonctionnement de la radio, alors que le désengagement total des filières de RFI à l’étranger est programmé et qu’il commencera par la fermeture ou la vente des filières en Europe notamment en Bulgarie, Serbie et au Portugal. Aucune annonce n’a été faite sur l’ouverture de filières là où les bassins d’audience seraient plus importants.

La FFE dénonce les effets de la réforme de l’audiovisuel extérieur qui, en introduisant un déséquilibre de financement au niveau des ses acteurs principaux TV5, RFI et France 24, risque de priver d’avenir une station qui constitue un élément de rayonnement international incontestable pour la France. »

Voir le communiqué du 16.12.09 sur le site de Berlin de la Fédération des Français de l’étranger du parti socialiste

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Jeudi 17 décembre 2009 15h, devant le « 116 » (endroit habituel), les personnels de RFI sont invités en assemblée générale.  On y fera :

– un compte-rendu du dernier CE

– un point sur les dernières informations concernant le volontariat

– des propositions d’actions pour marquer l’arrêt de la diffusion de 5 rédactions de langues vendredi 18 décembre. Allemands, Polonais, Slaves du Sud, Albanais, Laotiens cesseront d’émettre. La rédaction en langue turque elle n’existe déjà plus que virtuellement, réduite à un seul collaborateur pour le web.

On parle encore de RFI !! Revue de presse

dans Libération du 15/12 : Rfi compte ses voix

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Les langues englouties de RFI

Le 18 décembre, le glas aura sonné subrepticement pour 6 rédactions en langues étrangères à RFI sur les 20 qui existaient jusque-là. Le silence radio se fera définitivement en polonais, en albanais, en laotien et en allemand, à la veille du 65e anniversaire des émissions en langue allemande. La rédaction en langues slaves du sud (serbo-croate) a encore quelques semaines de sursis quant à celle en turc, elle a cessé d’émettre longtemps.

En plus des rédactions étranglées d’autres sont écorchées comme la rédaction roumaine où il ne restera plus que 2 journalistes.

Ces fermetures s’accompagnent de la vente des filiales à l’étranger. On brade à tout va : en Bulgarie notre filiale à 100 % est vendue avec sa fréquence FM de Sofia au plus offrant, c’est-à dire à une société d’obédience orthodoxe liée au sulfureux métropolite Kiril de Varna ; même désengagement de notre filiale à Belgrade montée en partenariat avec l’agence de presse serbe Beta ; à Lisbonne notre filiale sera vendue en janvier après 20 ans de bons et loyaux services ; à Budapest la cession de nos parts dans une filiale commune avec la BBC a déjà eu lieu.

La France lutte pour la diversité linguistique mais sa radio internationale avale ses langues. Ce vendredi 18 décembre 2009 est à marquer d’une pierre noire. Depuis sa naissance, RFI s’était toujours développée. Ce développement a été stoppé net par le couple dirigeant de l’Audiovisuel extérieur de la France au profit d’on ne sait quel mirage télévisuel qui risque de mener l’AEF vers un lent naufrage. Ces dirigeants, le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand les a surnommés « Bonnie & Clyde » : on ne saurait mieux dire.

Pour la première fois de son histoire, RFI subit un processus de strangulation intensif. S’arrêtera-t-il avant la suffocation ?

Paris, le 16 décembre, SNJ SNJ-CGT CGT-SNRT FO

rappel : ag  jeudi 17/12 à 15 h !!!! 

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