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Archive for juillet 2011

En quelques phrases, le président de l’AEF a précipité RFI et France 24 dans la guerre en prenant parti pour l’une des factions qui se disputent le pouvoir en Libye. Au mépris de tous les principes déontologiques du journalisme, au mépris aussi de la crédibilité et de la sécurité des journalistes, Alain de Pouzilhac a donné à notre média le statut de co-belligérant. (voir communiqué sur le site de france 24 et article du figaro du 5 juillet)

Au plus fort de la guerre des Malouines, la BBC avait fait honneur au journalisme en refusant d’employer l’expression « nos soldats » pour parler des soldats britanniques. Trente ans plus tard, le dirigeant de l’AEF nous voit en auxiliaires de l’armée française.

 C’est contraire à la charte de RFI, qui, approuvée par le Conseil d’administration, s’impose à lui comme à nous :

 « Le point de vue de la France implique certes mais n’implique pas seulement le point de vue du gouvernement».

« La ligne éditoriale est fixée, sous l’autorité du Président, par la direction de l’information qui est seule responsable de sa mise en œuvre. Aucune influence ni pression ne peuvent s’exercer de l’extérieur sur ceux qui dépendent de son autorité. Ainsi que le souligne la Convention collective, un journaliste ne peut agir contre son “intime conviction professionnelle” ».

 Autant dire qu’aucun journaliste, de l’antenne comme du service de formation internationale, ne peut être contraint à pratiquer un acte contraire à tous les principes d’indépendance.

 Cette délirante initiative du président de l’AEF est non seulement choquante et incongrue : elle met en péril la sécurité des journalistes de RFI et de France 24 exerçant leur métier en Libye. Ils risquent d’être désormais considérés comme des ennemis au sens militaire du terme par les forces loyales à Kadhafi.

 Jamais dans le passé, dans quelque conflit que ce soit, RFI n’avait pris fait et cause de la sorte pour l’une des parties belligérantes, même lorsque la France était officiellement engagée militairement.

 Nous exigeons d’Alain de Pouzilhac qu’il revienne immédiatement sur cette décision irresponsable.

 Nous appelons solennellement les journalistes de RFI à désobéir à toute instruction de leur hiérarchie qui les pousserait à agir comme des parties prenantes au conflit libyen.

 

SNJ FO CGT

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