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Archive for the ‘Aurelie Filippetti’ Category

Depuis quelques jours, la direction multiplie les appels à candidatures pour des postes vacants dont celui de chef du service France et de chef du service Politique.

Fidèles à celui qui les a nommés, nos actuelles directrices et directeurs avancent à marche forcée, cherchent à placer leurs amis et  à mettre le futur PDG devant le fait accompli. 

Au mieux cette direction est là pour assurer l’intérim, au pire pour expédier les affaires courantes, mais elle n’a aucune légitimité pour assurer l’avenir de cette radio. Cette direction nommée en mars dernier pour mettre en musique la fusion des rédactions ne peut aujourd’hui travailler sur un projet de rédactions séparées.

L’honnêteté et la rigueur professionnelle auraient voulu que chacun de ces directeurs et directrices désavoués présente sa démission plutôt que d’intriguer pour son maintien. Les salariés n’ont pas la mémoire courte et demandent aujourd’hui des comptes à un encadrement qui pendant des mois a suivi aveuglement Alain de Pouzilhac dans une opération de démantèlement, de destruction et de décrédibilisation de RFI et de ses personnels.

Faut-il rappeler qu’en agissant ainsi la direction bafoue encore une fois la loi car, par exemple, le service Politique n’a aucune existence légale. Issu d’une implosion du service France, mis en place pour promouvoir dans le cadre de la fusion une consœur de France 24, sa création  n’a jamais fait objet de consultation en CE, légalement indispensable. Cette direction n’a donc aucun pouvoir pour nommer un quelconque chef de service ou faire croire à certains que l’affaire est faite.

L’Intersyndicale de RFI exige donc, avant la prise de fonction du nouveau PDG, le gel des appels à candidatures, ainsi que de toutes réformes et appelle à une mise hors jeu rapide de cette direction qui cherche toujours à avancer en force ou en catimini pour mieux saper le moral et le travail de la rédaction.

 

Paris, le 13 septembre 2012

RFI

FO – SNRT/CGT – SNJ/CGT – SNJ – SUD

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L’Assemblée des Français de l’étranger soutient RFI et demande que les moyens humains et financiers de Radio France internationale soient pérennisés dans le cadre législatif.

L’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) est réunie à Paris depuis lundi (et jusqu’à samedi) pour son assemblée générale annuelle. Elle représente les 2 millions de Français établis hors de France et est présidée de droit par le ministre des Affaires étrangères.

Veuillez trouver à suivre le texte de la résolution concernant RFI, adoptée ce vendredi après-midi, par l’Assemblée des Français de l’étranger, à l’unanimité de sa commission des Affaires culturelles, de l’Enseignement et de l’Audiovisuel et à l’écrasante majorité de l’assemblée plénière qui compte 155 membres (seulments 4 voix contre et 14 abstentions)

Voici le texte de cette résolution (n°1 ENS/09/2012)

objet : Radio France internationale (RFI)

L’Assemblée des Français de l’étranger, considérant que :

– l’audiovisuel extérieur de la France représente un enjeu stratégique pour l’influence de la France dans le monde  ;

– RFI est une radio de notoriété internationale, dont l’influence n’est pas à démontrer ;

– par sa crédibilité, RFI contribue à valoriser l’image de notre pays de part le monde ;

– l’enjeu que représente RFI pour les 2 millions de Français établis hors de France, pour les francophones et les francophiles ;

– à ce titre, RFI est un acteur majeur de la francophonie ;

– la France ne peut se priver d’une radio internationale ;

– une Loi sur l’audiovisuel va être présentée au Parlement.

demande que :

les moyens humains et financiers de RFI soient pérennisés dans le cadre législatif.

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Tandis que le CSA auditionne les candidats à la présidence de l’AEF les 5 et 6 septembre, les salariés de RFI sont invités à une assemblée générale le jeudi 6 septembre à 13h sur le palier F au 7ème étage.

Les organisations syndicales membres de l’Intersyndicale de RFI feront le point sur les deux réunions du CHSCT des 3 et 4 septembre sur le déménagement et l’aménagement des locaux d’Issy-les-Moulineaux. A l’issue de ces réunions, les élus ont voté deux motions qui soulignent les entraves posées par la direction au bon fonctionnement de l’instance (resolution CHSCT 3-09-12, resolution CHSCT 4-09-12).

*****

Concernant les auditions des candidats à la succession d’Alain de Pouzilhac, suite de la Revue de presse :

– Le Nouvel Obs:
– Le Point:
– Le Figaro:
« L’intersyndicale » dont il est question dans cet article n’est pas l’intersyndicale de RFI mais une intersyndicale CGC-Sud et CFDT.
– Le Monde:
– L’Express:
– Télérama:
– Ecrans:
– Satmag:
– Libération:
*****
En somme beaucoup de littérature et de mousse sur la succession d’ADP à la tête de l’AEF, un paquebot coûteux, contesté notamment par les personnels de RFI qui ont le sentiment d’avoir très largement payé pour que cette entreprise existe (deux plans sociaux !), un radeau dont l’état de la coque est déjà sujet à contestation comme l’a prouvé le CHSCT de RFI.
Après avoir nommé un nouveau pdg à l’AEF, le gouvernement pourra réfléchir à la finalité de cette entreprise comme le pointe Satmag : il appartiendra au nouveau pdg de la holding de « gérer les affaires courantes au cas où le gouvernement décide de détricoter l’association des médias publics en direction de l’extérieur de la France. »
Et les personnels dans tout ça ?

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Publié en page Idées du Monde le 30 juillet 2012

Par Jean-Boris, journaliste à RFI, rédacteur en chef

Le projet de fusion entre Radio France Internationale (RFI) et la chaîne de télévision France 24, lancé par Nicolas Sarkozy, a été gelé pour un mois dans l'attente des résultats d'une mission d'évaluation, a annoncé mardi 5 juin le gouvernement.
Le projet de fusion entre Radio France Internationale (RFI) et la chaîne de télévision France 24, lancé par Nicolas Sarkozy, a été gelé pour un mois dans l’attente des résultats d’une mission d’évaluation, a annoncé mardi 5 juin le gouvernement. | AFP/MEHDI FEDOUACH

Comprendre les enjeux réels du débat sur l’avenir de l’Audiovisuel extérieur de la France impose de remonter à la genèse de cette affaire. A l’hiver 2006, Jacques Chirac voulant une CNN à la française, une chaîne de télévision à vocation internationale fut lancée. Elle prit pour nom France 24.

Comme l’Etat français n’avait pas les moyens de ses ambitions, un curieux montage financier mêlant capitaux privés et publics fut mis au point. La direction de la chaîne fut confiée à un publicitaire, Alain de Pouzilhac, dépourvu de la moindre connaissance des métiers de l’information, des médias et encore moins des médias internationaux. A côté de quelques journalistes chevronnés, il entreprit de recruter des équipes rédactionnelles, pour la plupart très inexpérimentées, auxquelles il était enjoint, lors de leur recrutement, de ne pas se syndiquer.

La création de cette chaîne vint compliquer l’architecture de l’audiovisuel français à vocation internationale, déjà fort de plusieurs chaînes et agences de télévision et d’une radio à l’audience et à la compétence reconnue, RFI, présente en Afrique mais pas seulement, s’exprimant dans une vingtaine de langues et un des principaux instruments de l’influence française dans le monde.

Le premier gouvernement venu se serait ému d’une telle prolifération de structures, se serait demandé s’il ne convenait pas de les rassembler pour augmenter leur force de frappe et réduire les dépenses publiques. C’est ce qui se produisit en 2007, après l’élection de Nicolas Sarkozy. Décision fut prise de rassembler les deux principaux éléments de cet ensemble, RFI et France 24, au sein de l’AEF, l’Audiovisuel extérieur de la France, codirigé par Alain de Pouzilhac et Christine Ockrent.

Ces deux personnalités, fascinées par le monde de l’image, firent précéder leur prise de fonctions de déclarations dans lesquelles elles disaient tout le mal qu’elles pensaient de RFI. Cette radio avait pour principal tort de ne pas être une télévision. Elle appartenait au service public, fort décrié. Elle était peuplée de journalistes d’expérience, très spécialisés, et la vie sociale y était très agitée, les syndicats très puissants.

Un modèle « dépassé », aux antipodes de celui existant à France 24, chaîne dépourvue d’expérience et de spécialistes, de syndicalistes et plus encore d’audience. Dès lors, les dirigeants de France 24, encouragés par le gouvernement Fillon et par le président Sarkozy entreprirent de construire leur télévision en démantelant RFI, en dépit de l’importance de cette station pour l’image de la France dans le monde. A RFI, le mépris affiché et les plans sociaux. A France 24, les paillettes et les recrutements en dépit d’une guerre des chefs déstabilisante.

Au cours de ces cinq années, le dogmatisme et la violence avec lesquels le rapprochement entre RFI et France 24 a été conduit a poussé les personnels de la radio à s’opposer à cette politique, dont le principal résultat a été d’affaiblir notoirement l’un des principaux instruments de l’influence française dans le monde et de dilapider des sommes inconsidérées pour construire une télévision dont les résultats et la réputation sont loin d’être à la hauteur de ceux proclamés par une communication emphatique.

Encore aujourd’hui dirigé par une équipe fidèle aux pratiques managériales d’Alain de Pouzilhac, l’Audiovisuel extérieur de la France jette, chaque jour qui passe, une pelletée de terre supplémentaire sur RFI. Mais couler cette radio ne suffira pas à développer France 24.

Pour deux raisons. D’abord parce que pirater le budget de la radio ne suffira jamais à financer les énormes besoins financiers d’une télévision ambitieuse. Ensuite parce que, privé des compétences des journalistes de RFI forcés au départ, l’Audiovisuel extérieur est voué à l’échec. Si télévision internationale il devait y avoir, il fallait la construire autour et à partir de RFI, pas contre RFI. Il est trop tard.

Cependant, au moment où ces lignes sont écrites, il est encore possible de sauver RFI. Les décisions des jours à venir seront cruciales. L’Etat devra oublier les raisonnements technocratiques, aller au-delà des premières annonces et se poser, au regard de la situation financière du pays, les seules questions qui vaillent : « La France a-t-elle les moyens de se priver de RFI ? La France a-t-elle les moyens de se doter d’une télévision internationale digne de ce nom ? »

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« Ces allègements de grille paraissent mal correspondre aux exigences d’une radio internationale de référence »

Jean-Paul Cluzel, le 6 juillet 2012

 

Présentée comme un remaniement mineur, le projet de grille unique à RFI est en réalité lourd de menaces pour l’identité de la radio. Ce projet n’existe que dans l’optique de réaliser des économies à RFI pour permettre à France 24 de se développer. Dans le rapport de Jean-Paul Cluzel, celui-ci invoque l’argument financier pour maintenir la grille unique : « Mais le coût d’un retour éventuel aux grilles anciennes, par rapport à l’actuel projet de « grille unique » pour RFI et les nouvelles matinales de France 24, se poserait dans tous les cas de figure. Ce surcoût a été évalué à 2,3 millions d’euros. »

Un projet qui menace l’auditoire de RFI sur toutes ses cibles. La grille unique risque de ne faire que des mécontents. Tous les auditeurs perdraient leurs repères. Quelques exemples…

– Disparition quasi-totale des émissions culturelles (à part les émissions musicales) : plus de cinéma, plus de littérature, plus de rendez-vous avec les créateurs qui participent au rayonnement artistique de la France. « Les Africains ne s’y intéressent pas », répètent à l’envie les directrices de l’Information. Les élus du personnel ont demandé les études sur lesquelles se basait cette affirmation, elles ne leur ont jamais été communiquées.

– Disparition ou relégation des émissions traitant les sujets européens : « Carrefour de l’Europe », plusieurs fois primé, est supprimé. « Accents d’Europe », sur la vie quotidienne des Européens, serait diffusé seulement dans la nuit sur le Monde (avant sa suppression pure et simple, disent ses concepteurs, qui s’appuient sur des échanges avec la direction). Là encore, l’Europe n’intéresserait pas les Africains. Dans ce cas également, les élus du personnel ont demandé les études sur lesquelles se basait cette affirmation, elles ne leur ont jamais été communiquées.

– Des horaires de diffusion uniques et … baroques : La revue de presse Afrique ne serait diffusée qu’une fois à 5h20 TU, extrêmement tôt en Afrique de l’Ouest… tandis que la revue de presse France ne serait diffusée qu’une fois également à 9h13 heure de Paris… extrêmement tard pour la France et l’Europe. Quelle justification à part celle de dégager du temps pour le journaliste affecté à la revue de presse, bientôt chargé d’en préparer une version « télé », comme le confient les responsables de la rédaction ?

De même, le reportage France est supprimé six jours sur sept (diffusion unique le samedi). Pourquoi ? Personne ne répond.

– Suppression des éditoriaux « politique » (A. Genestar) et « Afrique » (J.-B. Placca) : la réflexion cède le pas face à l’information « à chaud », alors que tous les médias – y compris les radios d’information en continu – cherchent à donner du sens et à expliquer les faits bruts, désormais annoncés en temps réel grâce à Internet et aux réseaux sociaux.

La direction de RFI cache son projet réel derrière des arguments plus que discutables

– Les moyens manquent après deux plans de départ volontaire. C’est faux.Le personnel de RFI est exténué, c’est vrai. Mais les émissions supprimées ne sont pas toujours celles qui étaient assurées par des candidats au départ. Et dans le cas des émissions culturelles, il y a des volontaires pour prendre le relais.

En réalité, cette grille entérine le siphonage des moyens humains de RFI vers France 24. Elle se traduit, par exemple, par la suppression de 4 postes de journalistes-anchormen et d’une vacation de présentation du soir (occupée par 2 journalistes-présentateurs). Or, seuls 3 présentateurs  et 2 SDR sont partis ou en partance. Ce qui rend impérative cette coupe claire dans les effectifs  de la présentation, c’est plutôt le départ pour France 24 de 2 journalistes de l’encadrement.  RFI se retrouve dans l’obligation de pallier les départs volontaires … vers France 24 et les transferts de personnel vers la télévision.

– Le « breaking news » : un  autre argument qui ne tient pas la route. La grille unique ne donnera pas plus de souplesse : en matinale, par exemple, tous les journaux seront encadrés par des décrochages (vers le Monde ou vers l’Afrique) alors que dans la grille actuelle, il existait une certaine flexibilité à l’intérieur des 2 grandes tranches d’information, chacune vers son public spécifique.

De plus, actuellement, la plupart des émissions sur l’antenne Afrique, par exemple, sont déjà réalisées en direct. Bref, il serait aussi difficile – ou aussi facile – de « casser » une antenne aujourd’hui que demain.

– Contrairement à ce qu’affirme la direction, beaucoup de salariés seraient touchés.

La liste des émissions supprimées* en est une première preuve pour les journalistes. Mais les TCR (Techniciens chargés de réalisation) de l’information sont aussi touchés. En effet, rares sont ceux qui seront en charge d’une tranche d’information (puisque la moitié d’entre elles sont supprimées). Les autres devront se contenter d’un travail mécanique et répétitif sur des journaux appauvris, alors que la création il y a 3 ans de grandes tranches d’information sur les cibles Monde et Afrique avait redynamisé les équipes. Pour beaucoup de TCR, l’appauvrissement de leur métier ouvre clairement la voie à une externalisation, sur le modèle de la technique de France 24, entièrement assurée par un prestataire privé.

– Le véritable projet : une radio de flux, taillée sur mesure pour la fusion radio – télévision.

Le projet de grille unique est une première étape vers le passage d’une radio centrée sur des programmes d’actualité, crée avec succès à partir de 1997, à une radio d’information dite « chaude », toujours plus rapide et répétitive. Une radio appauvrie sur laquelle il sera facile de transférer le son de la télévision France 24, à tout moment. Une radio dans laquelle on pourra enregistrer quelques images de piètre qualité, transposables sur France 24.

Avec le projet de grille unique, l’avenir de RFI n’est ni ambitieux ni mobilisateur. Il renvoie au contraire à une fusion radio-télé mortifère, déjà expérimentée dans les années 1980. Il s’agissait des « radio FR3 », une catastrophe industrielle dont la radio et la télévision publiques ont mis des années à se remettre.

Pour toutes ces raisons et parce que ni Madame Anne-Marie Capomaccio, ni les autres directeurs liés à Alain de Pouzilhac ne possèdent l’impartialité, la crédibilité, et les ressources pour être les auteurs de la sortie de crise, les élus du CE de l’intersyndicale refusent d’être convoqués comme des « toutous », de lever la patte ou d’aboyer alors que la caravane passe.

 La situation de blocage du dialogue social est à l’image de celui de l’entreprise.  
*Les émissions qui disparaissent grille unique ou pas

« Culture Vive » (P. Paradou), « Cinémas du monde » (Catherine Ruelle), « Littérature sans frontière » (Sophie Ekoué), « Sur la route » (J.F. Loiseau), « Le débat du jour » (J. F. Cadet), « Carrefour de l’Europe » (Daniel Desesquelle), la chronique politique d’A. Genestar et l’éditorial africain de J.B. Placca, le reportage France (6 jours sur 7), la revue de presse Amériques, la moitié des diffusions des revues de presse Afrique et France, ainsi que la moitié des tranches d’information qui étaient diffusées soit vers l’Afrique soit vers le Monde.

RFI

FO – SNJ – SNJ/CGT – SNRT/CGT – SUD

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C’est à lire dans le numéro de Politis de ce jeudi 19 juillet sous la plume de Jean-Claude Renard :

« Un goût de trahison

 

AEF : Malgré le départ d’Alain de Pouzilhac, qui satisfait l’intersyndicale de RFI, la fusion avec France 24 se poursuit.

Les choses n’auront finalement pas traîné. Alain de Pouzilhac, PDG de l’Audiovisuel extérieur de la France (AEF), a démissionné de ses fonctions jeudi 12 juillet. Une démission un peu contrainte face à la volonté du gouvernement et notamment de ses ministres de tutelle (Aurélie Filippetti et Laurent Fabius), qui l’avaient reçu la veille au Quai d’Orsay, après un conseil d’administration musclé.

Les ministres n’auront pas eu à limoger un patron nommé par Nicolas Sarkozy en 2008 et dont le mandat courait jusqu’en janvier 2013 (au reste, on s’attendait en interne à voir le gouvernement patienter jusqu’à l’expiration de ce mandat).

Cette décision peut être lue comme une victoire pour les syndicats. Maigre victoire à vrai dire, sinon fausse. Car le rapport de Jean-Paul Cluzel, chargé du dossier de la fusion RFI/France 24, proche de la CFDT, soutient la fusion juridique orchestrée par Alain de Pouzilhac, certes sans ajouter la fusion des rédactions.

Un rapport qui maintient également le déménagement de RFI à côté de France 24, à Issy-lesMoulineaux. Motif : revenir en arrière sur la fusion juridique serait trop coûteux. C’était le but d’Alain de Pouzilhac : l’imposer à marche forcée, en dépit même d’un moratoire de plusieurs semaines prononcé début juin, de sorte que la fusion soit irréversible. En termes de coût, il faudra notamment justifier un choix curieux : RFI versait un loyer à l’État. Installée en banlieue, la radio devra s’en acquitter auprès du privé (Allianz).

C’est au numéro 2 d’AEF d’assurer l’intérim, en attendant une nomination de l’Élysée, qui devra utiliser l’article 13 de la loi audiovisuelle de 2009, permettant à l’exécutif de nommer par décret le PDG d’AEF ­ ce même article dénoncé alors par les socialistes.

Nommé en 2008, l’ex-publicitaire d’Havas laisse derrière lui quatre années de chaos. Depuis sa rivalité avec Christine Ockrent, alors numéro 2 (et qui réclame toujours le paiement de 650 000 euros), jusqu’à une motion de défiance en octobre 2011 d’une large majorité de la rédaction, en passant par une réduction des effectifs (300 postes) et une série de grèves.

Pouzilhac part mais sa politique semble maintenue. L’intersyndicale (FO, SNJ-CGT, SNJ, SUD), représentant environ 60 % des salariés, estime qu’« aucun élément n’indique que la politique a changé ». Dans les couloirs, on se rappelle que Hollande et Ayrault avaient signé la pétition contre la fusion, et le mot « trahison » est prononcé. »

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Paris, le 17 juillet 2012

Madame, Messieurs,

Lors de l’entretien que nous avons eu, jeudi 12 juillet, avec vous qui représentiez le ministère de la Culture et celui des Affaires étrangères, vous nous avez fait comprendre que le déménagement de RFI à Issy-les-Moulineaux ainsi que la fusion juridique de RFI et France 24 au sein de l’AEF devaient être maintenus.

Voici quelle est aujourd’hui la réalité sur le terrain pour les salariés de RFI qui ont déjà déménagé à Issy-les-Moulineaux :

 – De futurs studios de radio “verrières”, qui, situés au milieu des futurs espaces de travail en “open-space”, sont perméables aux sons extérieurs, et ce malgré des travaux d’amélioration effectués ces trois derniers mois.

– Des renforcements précaires visibles au sous-sol parce que l’on coule une dalle de béton à l’emplacement du grand studio. La sécurité des salariés est-elle assurée ?

– Des seaux qui doivent être posés au dernier étage pour recueillir l’eau qui filtre au travers du plafond après la pluie, des encadrements de vitres qui se décollent à cause des infiltrations.

– Plus de 40 salariés en provenance de France 24 ou de sociétés de sous-traitance qui se sont ajoutés aux salariés de RFI sur les trois étages déjà occupés à Issy-les-Moulineaux, alors que le rapport Cluzel, dont vous dites vouloir suivre les préconisations, précise (p. 20) : « Les surfaces qui avaient été réservées à RFI et à MCD doivent bien être occupées par leurs équipes, et non par celles de France 24 ou par une extension des services support ».

– Un chef de service, en provenance de France 24, qui s’adresse aux salariés venant de RFI en disant : « Je vais vous apprendre à travailler ».

– Des salariés sommés de décoller un simple tract d’une armoire, des élus qui se voient interdire l’accès à l’immeuble et bousculer par des vigiles.

– Des salariés RFI déracinés à Issy, en perte de repère et d’identité dans un environnement composé uniquement « d’open-spaces », et gérés sans ménagement ni compassion par une DRH transfuge de France 24. Résultat : des arrêts maladie en forte augmentation. 

Alors que, jeudi dernier, vous avez qualifié le multimédia de secteur « prometteur, qui peut ouvrir des perspectives », voici quelle est aujourd’hui la réalité dans le service internet qui s’est vu imposer un chef de service en provenance de France 24 :

– Cinq salariés en arrêt de travail.

– Pour assurer seul des vacations de nuit sur le site de RFI, ce qui suppose la responsabilité éditoriale pour son contenu, on envoie un collègue de France 24 qui n’a même pas été formé aux différents logiciels utilisés par le site de RFI.

Vous avez affirmé que la volonté des trois ministères (Culture, Affaires étrangères et Bercy) était d’inscrire le caractère de « chaîne » dans le cahier des charges, dans le futur contrat d’objectifs et de moyens et dans la future loi audiovisuelle. Selon vous, cela devait s’appliquer à RFI, à France 24 et au multimédia. Pourtant, le lendemain, M. Hanotaux a parlé de « rédactions » distinctes. Que devons-nous comprendre ? Envisagez-vous des chaînes ou des rédactions distinctes ? Et s’il s’agit de chaînes, auront-elles un budget spécifique inscrit dans le contrat d’objectifs et de moyens ? Si le multimédia devient une chaîne à part, que deviendront les pages de RFI en langues étrangères ? 

Vous avez évoqué une fusion de la radio Monte-Carlo Doualiya avec le pôle arabophone de France 24. Qu’en est-il réellement ? Pourquoi un traitement différent pour MCD par rapport à RFI ? 

Pourquoi, par ailleurs, envisagez-vous que le COM s’étende sur la période 2013-2015 ? M. Cluzel indique dans son rapport (p. 28) que « la direction de France Télévisions envisage de nouvelles installations pour ses rédactions, dans lesquelles pourrait s’insérer le moment venu, soit vers la mi-2015, la rédaction de France 24. » Si c’était le scénario prévu, que deviendrait alors RFI ?

Alors que vous avez déclaré que vous aviez compris « qu’une des sources de difficultés était le casting aux postes clés, aux étages supérieurs mais aussi  à des niveaux plus profonds, plus larges dans l’organigramme », M. Hanotaux a, le lendemain, en conférence de rédaction, expliqué qu’il incombait aux responsables hiérarchiques actuels de préparer et présenter les nouvelles propositions d’organisation. C’est inadmissible.

La  ministre de la Culture et Communication, Mme Aurélie Filippetti, dans une interview dimanche à France Inter a affirmé son attachement à « la préservation de l’identité profonde de RFI, une radio extrêmement importante qui verra ses missions confirmées et n’aura pas de grille allégée… ». Nous venons de recevoir la convocation d’une réunion du comité d’entreprise qui se tiendra le 19 juillet pour la consultation sur la dénommée « grille unique » qui est une grille allégée. Alors qu’est-ce que cela signifie ? 

Une question posée lors de l’entretien jeudi dernier est restée complètement sans réponse : la convention collective des personnels PTA de RFI cesse en principe d’être applicable le 8 octobre. Que comptez-vous faire ? Que deviendront les garanties conventionnelles actuelles des personnels de RFI si la fusion avec France 24, qui ne les applique pas, est maintenue ? Envisagez-vous d’avoir pour RFI des journalistes correspondants « auto-entrepreneurs » comme il en existe à France 24, contrairement aux dispositions légales ?

Vous avez affirmé que le gouvernement avait décidé un « véritable changement stratégique ». Qui va définir cette stratégie ? Les actuelles équipes mises en place par Alain de Pouzilhac, celles-là même qui ont mis en place la stratégie voulue par Nicolas Sarkozy ? Le Conseil d’administration « a adopté une délibération exprimant le souhait que lui soit proposé un projet d’une nouvelle organisation de l’AEF ». A-t-il confié cette tâche aux équipes actuelles ?

Comment pourrions-nous nous contenter du départ de M.de Pouzilhac si sa stratégie est appliquée ? Vous avez pris une décision contraire à la volonté de la majorité des salariés de RFI, représentés par l’intersyndicale. Vous avez pris une décision contraire aux engagements des responsables politiques actuels pendant la campagne électorale qui avaient signé une pétition contre la fusion de RFI et France 24. Vous ne pourrez pas ignorer la situation concrète que vivent les salariés de RFI et esquiver les questions que nous vous posons et que les personnels se posent.

Nous demandons que le moratoire soit prolongé afin que les directeurs d’Alain de Pouzilhac ne puissent continuer à mettre en œuvre la stratégie qui a causé sa démission.

En réitérant notre demande de vous rencontrer à nouveau, de manière urgente, nous vous prions de croire à notre considération.

Pour l’intersyndicale FO, SNJ, SNJ-CGT, SNRT-CGT et SUD de RFI

Les délégués syndicaux 

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