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Archive for the ‘presse’ Category

L’action au fond sur l’illégalité de la fusion au regard de la loi du 5 mars 2009 se tient ce vendredi 28 septembre à 10 heures au tribunal de grande instance de  Nanterre.

TGI, 2-6 rue Pablo Neruda, 92000 Nanterre

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Dans la presse, cette dépêche AFP du 25 septembre reprise par plusieurs médias comme l’Express (« Saragosse jure qu’il n’y aura pas de fusion de RFI et veut consulter les salariés de l’AEF« )  

« Saragosse n’a pas l’intention de fusionner RFI avec  « quoi que ce soit »

AFP – Marie-Christine Saragosse, choisie pour présider l’Audiovisuel extérieur de la France, a déclaré mercredi ne pas avoir l’intention de fusionner la radio RFI avec « quoi que ce soit » et dit comprendre « la peur » de ses journalistes « de disparaître » après deux plans sociaux.

« Je n’ai pas l’intention de fusionner RFI avec quoi que ce soit. Il va falloir qu’on me fasse confiance et qu’on me croie », a dit Mme Saragosse devant la Commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale.

Interrogée par plusieurs députés sur ses projets concernant RFI, France 24 et MCD, la filiale arabophone de RFI, Mme Saragosse a confirmé que les trois rédactions seront séparées.

Son prédécesseur, Alain de Pouzilhac, a été contraint de démissionner de la présidence de l’AEF le 12 juillet après avoir été désavoué par le gouvernement sur son projet de fusionner les rédactions.

Au sujet du projet de déménagement de la rédaction de RFI de la Maison de la radio, à Paris, à Issy-les-Moulineaux, Mme Saragosse a estimé qu’il passait mal auprès des salariés parce que ces derniers se sont sentis « contraints ».

« Bien sûr qu’il y a des problèmes techniques » qui expliquent les réticences au déménagement mais, selon Mme Saragosse, il y a aussi « une accumulation de blessures. On ne vit pas impunément deux plans sociaux. Je comprends la peur de disparaître » des journalistes de RFI.

Elle a suggéré que la loi sur l’audiovisuel public qui sera débattue en 2013 puisse « affirmer l’identité de RFI pour que cette peur de disparaître laisse en paix les salariés de RFI afin qu’ils puissent se recentrer sur les vrais enjeux ». »

et puis aussi cette info dans TéléObs du 25 septembre : « M.C. Saragosse invite radio-France et France Télé au conseil d’administration de l’AEF. »

 

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Publié en page Idées du Monde le 30 juillet 2012

Par Jean-Boris, journaliste à RFI, rédacteur en chef

Le projet de fusion entre Radio France Internationale (RFI) et la chaîne de télévision France 24, lancé par Nicolas Sarkozy, a été gelé pour un mois dans l'attente des résultats d'une mission d'évaluation, a annoncé mardi 5 juin le gouvernement.
Le projet de fusion entre Radio France Internationale (RFI) et la chaîne de télévision France 24, lancé par Nicolas Sarkozy, a été gelé pour un mois dans l’attente des résultats d’une mission d’évaluation, a annoncé mardi 5 juin le gouvernement. | AFP/MEHDI FEDOUACH

Comprendre les enjeux réels du débat sur l’avenir de l’Audiovisuel extérieur de la France impose de remonter à la genèse de cette affaire. A l’hiver 2006, Jacques Chirac voulant une CNN à la française, une chaîne de télévision à vocation internationale fut lancée. Elle prit pour nom France 24.

Comme l’Etat français n’avait pas les moyens de ses ambitions, un curieux montage financier mêlant capitaux privés et publics fut mis au point. La direction de la chaîne fut confiée à un publicitaire, Alain de Pouzilhac, dépourvu de la moindre connaissance des métiers de l’information, des médias et encore moins des médias internationaux. A côté de quelques journalistes chevronnés, il entreprit de recruter des équipes rédactionnelles, pour la plupart très inexpérimentées, auxquelles il était enjoint, lors de leur recrutement, de ne pas se syndiquer.

La création de cette chaîne vint compliquer l’architecture de l’audiovisuel français à vocation internationale, déjà fort de plusieurs chaînes et agences de télévision et d’une radio à l’audience et à la compétence reconnue, RFI, présente en Afrique mais pas seulement, s’exprimant dans une vingtaine de langues et un des principaux instruments de l’influence française dans le monde.

Le premier gouvernement venu se serait ému d’une telle prolifération de structures, se serait demandé s’il ne convenait pas de les rassembler pour augmenter leur force de frappe et réduire les dépenses publiques. C’est ce qui se produisit en 2007, après l’élection de Nicolas Sarkozy. Décision fut prise de rassembler les deux principaux éléments de cet ensemble, RFI et France 24, au sein de l’AEF, l’Audiovisuel extérieur de la France, codirigé par Alain de Pouzilhac et Christine Ockrent.

Ces deux personnalités, fascinées par le monde de l’image, firent précéder leur prise de fonctions de déclarations dans lesquelles elles disaient tout le mal qu’elles pensaient de RFI. Cette radio avait pour principal tort de ne pas être une télévision. Elle appartenait au service public, fort décrié. Elle était peuplée de journalistes d’expérience, très spécialisés, et la vie sociale y était très agitée, les syndicats très puissants.

Un modèle « dépassé », aux antipodes de celui existant à France 24, chaîne dépourvue d’expérience et de spécialistes, de syndicalistes et plus encore d’audience. Dès lors, les dirigeants de France 24, encouragés par le gouvernement Fillon et par le président Sarkozy entreprirent de construire leur télévision en démantelant RFI, en dépit de l’importance de cette station pour l’image de la France dans le monde. A RFI, le mépris affiché et les plans sociaux. A France 24, les paillettes et les recrutements en dépit d’une guerre des chefs déstabilisante.

Au cours de ces cinq années, le dogmatisme et la violence avec lesquels le rapprochement entre RFI et France 24 a été conduit a poussé les personnels de la radio à s’opposer à cette politique, dont le principal résultat a été d’affaiblir notoirement l’un des principaux instruments de l’influence française dans le monde et de dilapider des sommes inconsidérées pour construire une télévision dont les résultats et la réputation sont loin d’être à la hauteur de ceux proclamés par une communication emphatique.

Encore aujourd’hui dirigé par une équipe fidèle aux pratiques managériales d’Alain de Pouzilhac, l’Audiovisuel extérieur de la France jette, chaque jour qui passe, une pelletée de terre supplémentaire sur RFI. Mais couler cette radio ne suffira pas à développer France 24.

Pour deux raisons. D’abord parce que pirater le budget de la radio ne suffira jamais à financer les énormes besoins financiers d’une télévision ambitieuse. Ensuite parce que, privé des compétences des journalistes de RFI forcés au départ, l’Audiovisuel extérieur est voué à l’échec. Si télévision internationale il devait y avoir, il fallait la construire autour et à partir de RFI, pas contre RFI. Il est trop tard.

Cependant, au moment où ces lignes sont écrites, il est encore possible de sauver RFI. Les décisions des jours à venir seront cruciales. L’Etat devra oublier les raisonnements technocratiques, aller au-delà des premières annonces et se poser, au regard de la situation financière du pays, les seules questions qui vaillent : « La France a-t-elle les moyens de se priver de RFI ? La France a-t-elle les moyens de se doter d’une télévision internationale digne de ce nom ? »

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C’est à lire dans le numéro de Politis de ce jeudi 19 juillet sous la plume de Jean-Claude Renard :

« Un goût de trahison

 

AEF : Malgré le départ d’Alain de Pouzilhac, qui satisfait l’intersyndicale de RFI, la fusion avec France 24 se poursuit.

Les choses n’auront finalement pas traîné. Alain de Pouzilhac, PDG de l’Audiovisuel extérieur de la France (AEF), a démissionné de ses fonctions jeudi 12 juillet. Une démission un peu contrainte face à la volonté du gouvernement et notamment de ses ministres de tutelle (Aurélie Filippetti et Laurent Fabius), qui l’avaient reçu la veille au Quai d’Orsay, après un conseil d’administration musclé.

Les ministres n’auront pas eu à limoger un patron nommé par Nicolas Sarkozy en 2008 et dont le mandat courait jusqu’en janvier 2013 (au reste, on s’attendait en interne à voir le gouvernement patienter jusqu’à l’expiration de ce mandat).

Cette décision peut être lue comme une victoire pour les syndicats. Maigre victoire à vrai dire, sinon fausse. Car le rapport de Jean-Paul Cluzel, chargé du dossier de la fusion RFI/France 24, proche de la CFDT, soutient la fusion juridique orchestrée par Alain de Pouzilhac, certes sans ajouter la fusion des rédactions.

Un rapport qui maintient également le déménagement de RFI à côté de France 24, à Issy-lesMoulineaux. Motif : revenir en arrière sur la fusion juridique serait trop coûteux. C’était le but d’Alain de Pouzilhac : l’imposer à marche forcée, en dépit même d’un moratoire de plusieurs semaines prononcé début juin, de sorte que la fusion soit irréversible. En termes de coût, il faudra notamment justifier un choix curieux : RFI versait un loyer à l’État. Installée en banlieue, la radio devra s’en acquitter auprès du privé (Allianz).

C’est au numéro 2 d’AEF d’assurer l’intérim, en attendant une nomination de l’Élysée, qui devra utiliser l’article 13 de la loi audiovisuelle de 2009, permettant à l’exécutif de nommer par décret le PDG d’AEF ­ ce même article dénoncé alors par les socialistes.

Nommé en 2008, l’ex-publicitaire d’Havas laisse derrière lui quatre années de chaos. Depuis sa rivalité avec Christine Ockrent, alors numéro 2 (et qui réclame toujours le paiement de 650 000 euros), jusqu’à une motion de défiance en octobre 2011 d’une large majorité de la rédaction, en passant par une réduction des effectifs (300 postes) et une série de grèves.

Pouzilhac part mais sa politique semble maintenue. L’intersyndicale (FO, SNJ-CGT, SNJ, SUD), représentant environ 60 % des salariés, estime qu’« aucun élément n’indique que la politique a changé ». Dans les couloirs, on se rappelle que Hollande et Ayrault avaient signé la pétition contre la fusion, et le mot « trahison » est prononcé. »

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Une mission et un moratoire qui font couler pas mal d’encre et parler dans le poste :

Le journal de 8h sur France Inter, chaîne cousine et voisine, mercredi 6 juin au matin et dans le 19h de mardi, avec la réaction de Maria Afonso, déléguée syndicale FO de RFI.

Bonus : sur les nouveaux locaux inadaptés à la radio, France Inter toujours le 5 juin

Le Beretta du jour sur Le Point.fr : « Jean-Paul Cluzel parachuté sur la pétaudière RFI », rien que cela !

sur Rue 89, « Moratoire à la fusion RFI-France 24, Cluzel médiateur »

Dans Libération, « Jean-Paul Cluzel en mission sur l’audiovisuel extérieur »

Dans Le Monde, « gel du projet de fusion entre RFI et France 24 »

Dans Le Figaro, « Cluzel contesté par les syndicats de RFI « , un article qui reprend largement notre précédent communiqué mais où le mot « moratoire » n’apparaît pas.

Sur Le Point.fr « le projet de fusion entre RFI et France 24 gelé et examiné »

Sur Télérama.fr, « Fusion à l’AEF : Jean-Paul Cluzel nommé à la tête d’une mission d’évaluation »

Sur l’Obs, « Jean-Paul Cluzel va devoir réformer l’AEF »

Sur Challenges.fr, « Fusion à l’EAF : moratoire et mission d’évaluation confiée à Jean-Paul Cluzel »

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Le changement de majorité présidentielle et l’arrivée de Mme Aurélie Filippetti au ministère de la Culture et de la Communication suscitent quelques questions sur le devenir de la fusion RFI-France 24 et de l’AEF.

Dans Le Monde 18 mai –  les journalistes de RFI s’opposent au déménagement 

Dans Le Point du 17 mai, E. Berretta envoie Aurélie Filippetti au charbon

Dans La Tribune, Aurélie Filippetti nommée à la Culture et à la Communication

Dans Les Echos du 16 mai: Tensions post-élections à l’Audiovisuel extérieur

Dans Paris-Dépêches du 16 mai : La fusion RFI-France dénoncée par les socialistes

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Dans la maison ronde où les rumeurs se courent les unes après les autres et dans un climat délétère soigneusement entretenu par des réformes et plans sociaux menés à la hâte, tout est fait pour déstabiliser le personnel. La direction de RFI, désormais réfugiée à l’AEF, mijote dans ses nouveaux bureaux de nouvelles recettes infernales pour « casser ce qui reste encore debout : les salariés ». Elle teste une nouvelle mixture.

Dans la potion :
– un bouquet garni de grille unique : moins de postes à assurer… qui va être choisi ?
– une grosse louchée de mépris : un coup de téléphone pour annoncer au salarié qu’il est dégagé de l’antenne !
– un court-bouillon de cynisme : mettre des salariés dans l’impossibilité de refuser le poste d’un collègue.
– une décoction de cruauté : distiller le doute sur les compétences professionnelles
– un émincé de discrimination syndicale : parmi les têtes coupées, des élus
– et, touche finale : des règlements de comptes pour liquider de vieilles rancœurs

Cette composition infernale est sans doute la vedette des recettes de management de l’AEF. Mais les estomacs des salariés de RFI sont solides, blindés par des années de compagnonnage, de complicité professionnelle, voire d’amitié.
Les salariés ne laisseront empoisonner ni leur professionnalisme, ni leur crédibilité.
Face à une direction qui n’a que l’ivresse triomphale de sa communication et des pratiques managériales ignobles, restons unis.

Résistons tous ensemble pour surmonter la médiocrité professionnelle et la petitesse d’esprit que l’on s’obstine à nous imposer.

 

Paris, le 5 avril 2012

La presse a commencé à rendre compte de la nouvelle grille : Libération, Télérama et Satellifax

 

                                 

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Pour bien commencer la semaine, l’intersyndicale a un nouveau rendez-vous au Palais de justice le 12 mars.

L’audience est à 13h30, à la Cour d’appel – Pôle 6 salle 1

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Revue de presse

Une bonne nouvelle… Quand l’AEF damne le pion à la BBC ou les bonnes affaires de l’AEF au Qatar. C’est dans Le Figaro bien sûr. Au passage, c’est quoi des « éléments sonores » et c’est quoi des « petits programmes » ?

Sur le rapport de la mission parlementaire…

Un rapport qui ne servira pas à grand chose selon Télérama, « éminemment politique » selon la journaliste et Alain de Pouzilhac. Un rapport qui pointe le mauvais pilotage de l’AEF selon La Croix.

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Et encore un !!! On reparle abondamment de RFI ce vendredi dans la presse alors ne boudons pas notre plaisir et multiplions les entrées !

Depuis le temps qu’on le dit que RFI ne veut pas de ce mariage…

A lire sur Médiapart donc (accès libre) :

« France 24-RFI, mariage arrangé, mariage raté

02 Mars 2012 Par Vincent Truffy

On ne peut pas être plus clair. Parmi les réponses apportées en novembre 2011 par la direction de l’Audiovisuel extérieur français (AEF) aux syndicats opposés à la fusion de France 24 et de RFI, la raison d’un bras de fer qui dure depuis trois ans: «Ce projet de fusion est un projet souhaité par le président de la République et nous ne l’abandonnerons pas»… »

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Voici in extenso l’article publié dans Libération ce vendredi. En espérant que nos confrères ne nous en voudront pas de publier cette enquête réservée aux abonnés aujourd’hui :

« AEF, nul sous tout rapport

Ratés . «Libération» s’est procuré l’enquête parlementaire très attendue sur l’Audiovisuel extérieur de la France.

PAR RAPHAËL GARRIGOS ET ISABELLE ROBERTS

Voilà qu’un gros caillou vient se loger dans le conduit de la vuvuzela d’Alain de Pouzilhac. Oui, le PDG de l’Audiovisuel extérieur de la France (AEF), qui regroupe RFI, France 24 et une partie de TV5, possède une vuvuzela. Dont il a récemment joué devant ses troupes pour saluer l’aboutissement de la fusion entre RFI et France 24. Enfin, aboutissement, faut voir… Car le gros caillou obstruant l’instrument de Pouzilhac, c’est un rapport parlementaire confidentiel que s’est procuré Libération. Et le caillou suivant pourrait être plus maousse en cas de victoire de la gauche à la présidentielle, car François Hollande s’est clairement affiché contre la fusion.

Remise à plat

Qu’il était attendu, ce rapport… Issu d’une mission parlementaire lancée en février 2011 par la députée UMP Michèle Tabarot pour «faire un point d’étape sur la réforme de l’AEF» et en ausculter «les dysfonctionnements».Il était vu comme la remise à plat indispensable du développement foutraque de l’Audiovisuel extérieur de la France. L’incroyable guerre des chefs entre Alain de Pouzilhac et sa numéro 2 Christine Ockrent ? Elle serait réglée sitôt le rapport publié, assurait alors l’Elysée. La fusion qui inquiétait tant RFI ? Le rapport donnerait le «la». Et d’ailleurs Michèle Tabarot demande alors à Pouzilhac qu’aucune décision «irréversible» ne soit prise tant que le rapport n’est pas rendu. Comprendre : calmos sur la fusion.

Depuis, Christine Ockrent a fini par quitter l’AEF (fâchée, un procès est en cours) ; la fusion, quoiqu’encore à l’état de merdier velu, est quasiment actée (lire ci-contre) et le rapport, espéré pour juillet dernier, n’est toujours pas publié. Ce sera fait mardi, du moins si les commissions des Affaires étrangères et des Affaires culturelles de l’Assemblée en décident ainsi.

Il faut dire qu’il est croquignolet, ce rapport où ses deux auteurs, les députés Christian Kert (UMP) et Didier Mathus (PS), écrivent noir sur blanc leurs désaccords. Le texte, alimenté par les auditions de 28 personnalités (politiques, audiovisuel, hauts fonctionnaires), a d’ailleurs fait l’objet de nombreux allers-retours entre les deux élus pour, dans le cas de Kert, assouplir telle formule trop dure de Mathus et, dans le cas de Mathus, durcir telle formule trop molle de Kert…

«Affligeante gouvernance»

Là, Kert et Mathus sont d’accord, évoquant d’abord pudiquement les «défaillances du pilotage» puis carrément une «dyarchie assassine». A savoir, la guerre à mort que se sont livré Pouzilhac et Ockrent de l’été 2010 à mai 2011 quand la reine Christine s’autodéchoit : le premier accuse la seconde d’avoir plombé les comptes de France 24 puis d’avoir mis sur pied un système d’espionnage interne, le tout sur fond d’évictions des favoris de l’une par l’autre et vice-versa. Une guerre piteuse dénoncée par les personnalités entendues dans le cadre du rapport : Roch-Olivier Maistre, administrateur de l’AEF, déplore une situation qui «engageait l’image de la France et mettait en jeu la situation des salariés» ; Pierre Sellal, secrétaire général du Quai d’Orsay juge qu’elle a «terni l’image de la France». Enfin, Louis de Broissia, ambassadeur pour l’audiovisuel extérieur, parle de l’«affligeante affaire de la gouvernance». Et les deux rapporteurs de «regretter la réaction trop tardive de l’actionnaire pour mettre fin à cette crise qui a affecté l’image de l’AEF et la perception de la réforme qui y est conduite». C’est que, près de dix mois durant, tout le monde, du conseil d’administration de l’AEF à l’Elysée en passant par les divers ministres de tutelle, s’est renvoyé la patate chaude : du jamais vu dans une entreprise, rappelons-le, publique.

«Manque de fiabilité»

Une des conséquences de cette guerre intestine, le grand n’importe quoi financier. «C’est une première de voir une entreprise publique incapable de respecter l’arbitrage de l’Etat», fustige dans le rapport Françoise Miquel, chargée de contrôler les comptes des sociétés de l’audiovisuel public. En cause, les rallonges demandées par Alain de Pouzilhac (au total, «100 millions d’euros de versement exceptionnel»), un «manque de fiabilité et de finesse» dans les informations financières transmises à l’Etat, ainsi que «des irrégularités de gestion». Un constat qui, lors d’une précédente demande de rab formulée par Pouzilhac à Matignon, lui a valu une descente de l’Inspection générale des finances (IGF) et un rapport pas exactement aux petits oignons (Libération du 9 novembre 2011). Le rapport de Kert et Mathus pointe également «l’incapacité à formaliser un contrat d’objectifs et de moyens» (COM) pour l’AEF, alors que toutes les entreprises publiques en sont dotées, qui fixent des buts à atteindre en échange de ressources.

«Fusion autoritaire»

«Un couteau suisse, un objet qui sert à beaucoup de choses mais dont on ne sait pas quelles sont sa fonction première et sa finalité.» La phrase, un rien cruelle, est signée Rachid Arhab, du CSA. C’est un des éléments centraux du rapport parlementaire : la fusion de la radio RFI et de la chaîne France 24. Si Christian Kert et Didier Mathus s’accordent sur «un rapprochement globalement pertinent», ils divergent totalement sur la fusion. Kert, partisan d’une «fusion à feu doux», estime que «l’intégration entre les rédactions internet, radio et télévision et le modèle de la « news factory » […], c’est l’avenir».

Mathus, lui, y est opposé : «Il n’existe pas de véritables exemples de fusions de rédactions de télévision et de radio parce que les deux métiers restent fondamentalement différents.» Il souligne que «RFI [est] une radio généraliste populaire, France 24 une chaîne de télévision à destination des « leaders d’opinion »». Surtout, le député PS redoute que la fusion aboutisse à un démantèlement de RFI et regrette que Pouzilhac «ait autoritairement accéléré le processus de fusion». Enfin, il pointe une différence entre les deux rédactions : «Si on entrevoit clairement ce que RFI peut apporter à France 24, notamment en matière d’expertise, de compétences et de qualité de ses programmes, on perçoit plus difficilement ce que RFI peut retirer de France 24.»

Les propositions

Au fil de l’élaboration de leur rapport, Kert et Mathus ont exploré différentes pistes : l’adossement de l’AEF à France Télévisions, à Radio France… Dans la version définitive, ils s’en tiennent à préconiser de«renforcer les liens entre l’AEF et les groupes France Télévisions et Radio France». Mais ils suggèrent que TV5, qui n’a pas grand-chose à voir avec la choucroute AEF, s’en détache, via France Télévisions qui doit y retrouver«son rôle d’actionnaire principal à 49%». Histoire de régler le problème des multiples guichets gouvernementaux, «la tutelle de l’AEF doit être sans plus tarder transférée au ministère des Affaires étrangères», avancent Kert et Mathus. Une ultime version du rapport qui peut sembler un rien édulcorée par rapport à l’ampleur du problème. Mais pour Didier Mathus, interrogé par Libération, c’est toute la politique de Nicolas Sarkozy en matière d’audiovisuel extérieur qui est là mise en accusation : «Le constat est le même pour tout le monde : c’est un échec. Simplement, l’UMP le dit avec les formes.»

 

RFI balladée de fusion en confusion

Les syndicats ont enchaîné les procédures judiciaires pour démontrer l’illégalité du rapprochement avec France 24. En vain pour l’instant.

PAR ISABELLE HANNE

La moindre irrégularité, le moindre défaut de procédure, rien ne leur échappe. Depuis trois ans, les syndicats de RFI se battent contre le processus de fusion de la radio avec France 24 mené par l’Audiovisuel extérieur de la France (AEF), qui coiffe RFI, France 24 et une partie de TV5. Difficile même de comptabiliser les actions en justice qu’ils ont menées contre cette«fusion politique pilotée depuis l’Elysée» qui, pour eux, signifie «le démantèlement» de la radio mondiale. «On ne fera jamais autant de procédures qu’il y aura d’irrégularités», ironise Fiodor Rilov, l’avocat de l’intersyndicale.

La fusion a été officiellement entérinée par les assemblées générales de chaque média début février, malgré les procédures judiciaires en cours. «La direction claironne partout que la fusion est faite, que tout est réglé,s’étonne Nina Desesquelle (SNJ). Nous, on conteste ses dires : toutes les procédures ont été entachées d’irrégularités.» Entre autres, les syndicats contestent auprès du tribunal de Nanterre l’illégalité de la fusion, parce qu’«elle contrevient à la loi du 5 mars 2009 [relative à la communication audiovisuelle, ndlr] qui prévoit que RFI reste filiale», précise Elisa Drago (SNJ-CGT). Selon Maître Rilov, «le législateur n’avait pas prévu cette fusion».

De son côté, la direction de l’AEF a enclenché le processus. Communication tous azimuts, nouvel organigramme, déménagement prochain de RFI dans un bâtiment voisin de celui de France 24, à Issy-les-Moulineaux…

«Dentelle». Mais concrètement, comment et pourquoi faire travailler ensemble des rédactions si différentes ? «On est toujours plus forts et plus puissants quand on est plus nombreux», répond Anne-Marie Capomaccio, qui vient d’être nommée, avec Nahida Nakad, directrice des rédactions unifiées de France 24, Monte Carlo Doualiya (MCD, la radio arabophone du groupe) et RFI. «Le chantier est là : profiter de l’expérience et de l’expertise de RFI, et de l’efficacité et de la force de frappe de France 24.»Elle garantit qu’aucune rédaction en langue (haoussa, persan, chinois…) ne sera supprimée : «Le but, c’est d’ajouter les richesses, pas de les retrancher.» Pour le moment, difficile d’anticiper les changements des différentes antennes dans les prochains mois. «Mais tout se fera sur la base du volontariat», assure-t-elle. Et pour le travail bi-médias voire tri-médias (radio, télé, Web) ? «Tout n’est pas adaptable, il faut vraiment faire de la dentelle. Le but, ce n’est pas de faire la même chose à la télé et à la radio, mais de mettre en place des synergies.»

«Machine». A RFI pourtant, l’inquiétude est grande : «On ne sait pas où l’on sera dans un mois, comment on travaillera, regrette un salarié. Nos chefs sont incapables de nous informer. On a l’impression qu’on navigue à vue.» Une autre :«On ne comprend pas l’objectif derrière, il n’y a aucune transparence. On ne sait pas ce que vont devenir les émissions, on se sent dépassés par cette énorme machine.» «Un déménagement, une fusion, c’est normal que ça génère des craintes,tempère Nahida Nakad. Cette fusion ne se fera pas au détriment de la qualité du travail des rédactions. L’essentiel, c’est de ne pas perdre en sérieux journalistique ce qu’on va gagner en polyvalence.»

Traduction physique de la fusion, le déménagement de RFI et MCD devrait commencer fin mars, pour s’étaler «jusqu’à juillet», selon Bruno Tezenas du Montcel, directeur des technologies et des systèmes d’information de l’AEF. Ce déménagement, «un sacré bouleversement», reconnaît-il, coûte «entre 25 et 30 millions d’euros». A l’arrivée, les équipes de RFI et de MCD seront réparties dans «14 500 m2» d’un bâtiment propriété de l’assureur Allianz. Autre bouleversement, et non des moindres, la fusion s’accompagne d’un plan de 126 départs volontaires sur l’AEF, qui s’ajoutent aux 206 départs de RFI, en 2009. «Que veut-on faire de l’Audiovisuel extérieur de la France ?s’interroge un salarié. Question digne d’une élection présidentielle.» »

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Le CE a engagé un recours devant le Conseil d’Etat pour faire juger illégal le décret relatif au cahier des charges de l’Audiovisuel extérieur de la France, notamment au regard de la loi du 5 mars 2009, ainsi qu’un référé suspension.

L’audience est fixée au 16 février à 16h. Soyons nombreux !!!

Revue de presse :

Yahoo: la fusion france 24-rfi se met en place sous menace d’actions judiciaires

Union de la presse francophone : la fusion combattue mais votée

Les Echos:  Anne-Marie Capomaccio et Nahida Nakad nommées à la tête des rédactions de l’AEF

Le Monde : La fusion France 24-RFI se met en place sous la menace d’actions judiciaires

Le Monde : L’AEF se dote d’une direction bicéphale

Télérama :  la fusion RFI-France 24 : ça se précise

L’Express : La fusion RFI-France24 désormais actée mais toujours combattue

Le Figaro: Deux femmes pour les rédactions de l’AEF

Mondomix: (avec une vidéo )
http://www.mondomix.com/actualite/1875/rfi-un-nouveau-tournant.htm

La Croix : la fusion RFI – France 24 définitivement entérinée

Terrafemina: France 24 et RFI : la fusion entérinée

France info : Audiovisuel extérieur, la fusion définitivement approuvée par l’actionnaire

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