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L’État abandonne le service public

RFI n’est pas une entreprise privée, mais une société publique détenue à 100 % par l’État, qui choisit son président. Alors que l’État devrait donner l’exemple, en pleine période de crise, il vient de lancer à RFI son premier plan social dans l’audiovisuel. Le gouvernement lutte pour l’emploi mais licencie à RFI. Le gouvernement veut favoriser l’emploi des « seniors », fait voter la possibilité de travailler jusqu’à 70 ans mais organise des mises à la retraite anticipées à RFI.

Lorsque les banques, privées, plongent, l’État accourt à la rescousse et sort le carnet de chèques. Á RFI, c’est l’inverse : quand on n’a pas spéculé sur les subprimes, on est pénalisé.

Comment RFI a été sacrifiée

Pour RFI, l’Élysée a choisi de faire appliquer le plan Benamou, un ancien conseiller du « Prince ». Connaissant la fascination de son maître pour la télévision, cet obscur courtisan avait préconisé de trancher à la hache dans le budget de la radio, jugé trop gros pour un média aussi « ringard ». Le tandem Pouzilhac-Ockrent a donc reçu pour mission de mettre fin à « l’anachronisme RFI ». Aujourd’hui, le projet de ces liquidateurs est clair : réduire la société à la portion congrue en pratiquant au passage un hold up sur ses ressources budgétaires au profit de France 24.

Il n’est pas innocent qu’on ait placé à la tête de RFI et de la holding de l’audiovisuel extérieur le président de France 24 pour faire ce sale travail. Dès avant sa nomination il lançait une campagne de dénigrement contre RFI. Car Alain de Pouzilhac sait qu’il sera jugé sur une seule chose : la réussite du démantèlement de la radio.

Bien sûr, il faut « habiller » ce plan de toute une série de justifications sur la prétendue mauvaise santé de l’entreprise.

· On nous reproche notre mauvaise santé financière. Mais nos tutelles nous ont souvent donné d’une main ce qu’elles reprenaient de l’autre. En 1992, par exemple, l’État a ponctionné 225 millions de francs soit 35 millions d’euros sur les réserves que s’était constituées RFI. Plus près de nous, en 2006, un abandon de créances sur TDF nous a fait perdre 11 millions d’euros.

· On nous reproche le manque de pertinence de certaines langues. De ce point de vue, le ministère des Affaires étrangères, notre puissance tutélaire, s’est montrée pour le moins versatile. Ainsi, après la chute du Mur de Berlin, fut-il décidé de lancer des émissions en langue albanaise. Quelques années plus tard, ces émissions furent arrêtées… Pour reprendre par la suite, à la faveur de la crise du Kosovo… Et pour s’arrêter à nouveau aujourd’hui… En attendant le prochain épisode de ce tango albanais.

RFI est un peu plus qu’une simple société nationale de programmes, c’est un organe de souveraineté qui fut longtemps le seul à remplir une double mission : une mission d’influence, la France devant rivaliser avec les grands médias internationaux ; et une mission culturelle, la France devant promouvoir ses valeurs (démocratie et confrontation des opinions, droits de l’homme, défense du multilatéralisme, laïcité, diversité culturelle, art de vivre).

RFI n’est pas la voix de la France, mais la voix des français en direction de l’étranger. Cette voix est en danger d’étranglement !

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