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Publié en page Idées du Monde le 30 juillet 2012

Par Jean-Boris, journaliste à RFI, rédacteur en chef

Le projet de fusion entre Radio France Internationale (RFI) et la chaîne de télévision France 24, lancé par Nicolas Sarkozy, a été gelé pour un mois dans l'attente des résultats d'une mission d'évaluation, a annoncé mardi 5 juin le gouvernement.
Le projet de fusion entre Radio France Internationale (RFI) et la chaîne de télévision France 24, lancé par Nicolas Sarkozy, a été gelé pour un mois dans l’attente des résultats d’une mission d’évaluation, a annoncé mardi 5 juin le gouvernement. | AFP/MEHDI FEDOUACH

Comprendre les enjeux réels du débat sur l’avenir de l’Audiovisuel extérieur de la France impose de remonter à la genèse de cette affaire. A l’hiver 2006, Jacques Chirac voulant une CNN à la française, une chaîne de télévision à vocation internationale fut lancée. Elle prit pour nom France 24.

Comme l’Etat français n’avait pas les moyens de ses ambitions, un curieux montage financier mêlant capitaux privés et publics fut mis au point. La direction de la chaîne fut confiée à un publicitaire, Alain de Pouzilhac, dépourvu de la moindre connaissance des métiers de l’information, des médias et encore moins des médias internationaux. A côté de quelques journalistes chevronnés, il entreprit de recruter des équipes rédactionnelles, pour la plupart très inexpérimentées, auxquelles il était enjoint, lors de leur recrutement, de ne pas se syndiquer.

La création de cette chaîne vint compliquer l’architecture de l’audiovisuel français à vocation internationale, déjà fort de plusieurs chaînes et agences de télévision et d’une radio à l’audience et à la compétence reconnue, RFI, présente en Afrique mais pas seulement, s’exprimant dans une vingtaine de langues et un des principaux instruments de l’influence française dans le monde.

Le premier gouvernement venu se serait ému d’une telle prolifération de structures, se serait demandé s’il ne convenait pas de les rassembler pour augmenter leur force de frappe et réduire les dépenses publiques. C’est ce qui se produisit en 2007, après l’élection de Nicolas Sarkozy. Décision fut prise de rassembler les deux principaux éléments de cet ensemble, RFI et France 24, au sein de l’AEF, l’Audiovisuel extérieur de la France, codirigé par Alain de Pouzilhac et Christine Ockrent.

Ces deux personnalités, fascinées par le monde de l’image, firent précéder leur prise de fonctions de déclarations dans lesquelles elles disaient tout le mal qu’elles pensaient de RFI. Cette radio avait pour principal tort de ne pas être une télévision. Elle appartenait au service public, fort décrié. Elle était peuplée de journalistes d’expérience, très spécialisés, et la vie sociale y était très agitée, les syndicats très puissants.

Un modèle « dépassé », aux antipodes de celui existant à France 24, chaîne dépourvue d’expérience et de spécialistes, de syndicalistes et plus encore d’audience. Dès lors, les dirigeants de France 24, encouragés par le gouvernement Fillon et par le président Sarkozy entreprirent de construire leur télévision en démantelant RFI, en dépit de l’importance de cette station pour l’image de la France dans le monde. A RFI, le mépris affiché et les plans sociaux. A France 24, les paillettes et les recrutements en dépit d’une guerre des chefs déstabilisante.

Au cours de ces cinq années, le dogmatisme et la violence avec lesquels le rapprochement entre RFI et France 24 a été conduit a poussé les personnels de la radio à s’opposer à cette politique, dont le principal résultat a été d’affaiblir notoirement l’un des principaux instruments de l’influence française dans le monde et de dilapider des sommes inconsidérées pour construire une télévision dont les résultats et la réputation sont loin d’être à la hauteur de ceux proclamés par une communication emphatique.

Encore aujourd’hui dirigé par une équipe fidèle aux pratiques managériales d’Alain de Pouzilhac, l’Audiovisuel extérieur de la France jette, chaque jour qui passe, une pelletée de terre supplémentaire sur RFI. Mais couler cette radio ne suffira pas à développer France 24.

Pour deux raisons. D’abord parce que pirater le budget de la radio ne suffira jamais à financer les énormes besoins financiers d’une télévision ambitieuse. Ensuite parce que, privé des compétences des journalistes de RFI forcés au départ, l’Audiovisuel extérieur est voué à l’échec. Si télévision internationale il devait y avoir, il fallait la construire autour et à partir de RFI, pas contre RFI. Il est trop tard.

Cependant, au moment où ces lignes sont écrites, il est encore possible de sauver RFI. Les décisions des jours à venir seront cruciales. L’Etat devra oublier les raisonnements technocratiques, aller au-delà des premières annonces et se poser, au regard de la situation financière du pays, les seules questions qui vaillent : « La France a-t-elle les moyens de se priver de RFI ? La France a-t-elle les moyens de se doter d’une télévision internationale digne de ce nom ? »

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Dans l’attente d’un communiqué de l’intersyndicale de RFI, voici une brève revue de presse sur la démission d’ADP.

Rappelons que les délégués de l’intersyndicale avaient rdv avec leurs ministères de tutelle jeudi 12 juillet au matin et que Mme Filippetti avait été auditionnée la veille par la commission des Affaires culturelles de l’Assemblée nationale :

Alain de Pouzilhac régnait sans partage sur l’AEF sur La Croix.fr du 13 juillet. Un excellent papier !

Alain de Pouzilhac débarqué de RFI et de France 24 sur le site de France Info

ADP démissionne certes mais, cerise sur la gâteau, on apprend qu’il est « dans le collimateur de la justice » : c’est sur Challenges.fr. Ah bon ???

Et puis sur le site du Monde.fr : ADP « poussé vers la sortie« 

Pour Le Point, Pouzilhac jette l’éponge : Pouzilhac démissionne de l’AEF

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« Débarqué » ou « démissionné » ?

Et voici le communiqué du Conseil d’administration de l’AEF diffusé sur les boîtes mail des salariés de RFI ce jeudi après-midi :

« COMMUNIQUE DU CONSEIL D’ADMINISTRATION DE L’AUDIOVISUEL EXTERIEUR DE LA FRANCE (AEF)

Le Conseil d’Administration de l’Audiovisuel Extérieur de la France s’est réuni le 12 juillet 2012 à 15h00. Il a d’abord pris acte de la démission de Monsieur Alain de Pouzilhac et a salué son action notamment dans la constitution d’une chaîne d’information internationale.

Il a ensuite entendu M. Jean-Paul Cluzel qui a présenté son rapport dont les conclusions préconisent, sans revenir sur la fusion des sociétés, de reconstituer deux directions d’antenne distinctes.

 Ce changement important de stratégie vise à réaffirmer fortement l’identité et la spécificité de FRANCE 24 et de RFI.

Dans cette perspective, le Conseil d’Administration a adopté une délibération exprimant le souhait que lui soit proposé un projet d’une nouvelle organisation de l’AEF, fondé sur des rédactions distinctes pour FRANCE 24 et RFI et soumis au préalable aux instances représentatives du personnel.

Dans l’attente de la désignation d’un nouveau Président, le Directeur Général Délégué, Pierre Hanotaux, assure la continuité du fonctionnement de l’entreprise. »

***

Nous avons aussi eu droit à un message d’adieu ADP saluant l’oeuvre accomplie et la fusion « préservée«  : « Le rapport de M. Cluzel reconnait et entérine cette stratégie et notre action en exprimant clairement que la fusion que nous avons réalisée est préservée. C’est un motif supplémentaire pour moi de satisfaction. L’essentiel est ainsi acquis. »

Quatre années de lutte pour ça ? A suivre…

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« A la veille du scrutin présidentiel, nous demandons au chef de l’Etat le gel républicain d’une réforme [la fusion de RFI et de France 24, NDLR] qui, selon nous, nécessite un audit stratégique et financier d’ensemble ». Par Catherine Trautmann, Catherine Tasca, Jack Lang, anciens ministres de la Culture et de la Communication, et Jean-Noël Jeanneney, président de Radio France Internationale de 1982 à 1986.

La lettre est (en accès libre) à lire sur le site de Médiapart.

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Les délégués syndicaux et les élus du SNJ, FO, SNJ-CGT, SNRT-CGT et SUD ont appuyé avec force la démarche  des élus de l’Intersyndicale au CHSCT afin d’obtenir l’expertise sur la mise en place de la future grille unique en français. La longue liste d’arguments contre cette expertise paraît peu sincère car:

1/Tout membre du CHSCT et du CE qui a un peu d’expérience (et c’est le cas de tous les membres actuels) sait que la manœuvre de la direction  consiste à soumettre aux élus juste un bout de réforme.  C’est le cas dans le dossier de la grille unique en français, où la direction veut faire croire qu’elle ne concerne que « 4 TCR, 6 journalistes ». Ce procédé, bien rodé, lui permet d’introduire par la suite une série de changements organisationnels sans en informer les instances (CHSCT et CE) sous prétexte, qu’il s’agirait  de changements « à la marge ».

Cette tactique de « saucissonnage » permet de priver les salariés de toute visibilité, de désorganiser complètement le travail des services.

Cette expertise est faite pour obliger la direction à fournir aux experts des documents refusés aux élus. Nous sommes convaincus que la nouvelle mouture de la grille provoquera beaucoup plus de suppressions d’emplois qu’avouées dans les documents du CHSCT et surtout plus que prévu dans les documents liés au deuxième plan social.

2/Dire que les langues ne sont pas touchées actuellement et que tout changement ultérieur sera présenté plus tard aux élus du CHSCT revient à nier les pressions exercées actuellement sur les salariés et les chefs des services des langues pour qu’ils coupent eux-mêmes leurs production et/ou redistribuent  la charge de travail sur les salariés sans aucune consultation des instances, en violation des dispositions du code du travail. Tout le monde est au courant de ce manège criminel. Tous les syndicats sans exception en ont été alertés par les salariés.

3/Enfin,  nous affirmons qu’il n’y a aucun lien entre l’expertise sur la grille votée au CHSCT et les départs des salariés dans le cadre du PSE en cours (dont la légalité  est toujours contestée par l’Intersyndicale). Pour preuve : des dizaines des salariés du service en français et quelques-uns  des langues sont déjà partis.  Ceux qui attendent toujours la réponse de la direction ont vu leurs dossiers bloqués avant toute élaboration de projet de grille, pour des raisons souvent obscures. Enfin, l’expertise ne peut avoir d’impact sur  les départs des salariés des services de langues, car la grille des langues n’a même pas été à l’ordre du jour du CHSCT de ce mardi 17 avril. Affirmer l’inverse est un mensonge.

Par contre, l’expertise doit obliger la direction de RFI à livrer enfin l’information sur ses intentions réelles vis-à-vis de RFI.  Elle sera obligée de fournir aux experts du CHSCT des documents complets, autre chose que le plan de siphonage du budget de RFI au profit de  France 24.

Paris, le 18 avril 2012

 

RFI       FO – SNJ/CGT – SNRT/CGT – SNJ-SUD

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La direction sait que le temps lui est compté. A 15 jours de la présidentielle, Alain de Pouzilhac veut acter la fusion pour camoufler sa mauvaise gestion. Les nominations hâtives se multiplient, la destructuration de RFI continue.

Conformément à sa stratégie du fait accompli, la direction a convoqué unilatéralement, ce vendredi 6 avril, une réunion dite de « comité d’établissement » de RFI avec à l’ordre du jour « projet d’une nouvelle grille de programmes Afrique/Monde ».

De qui se moque-t-on ?

– Par un coup de baguette magique, la direction estime qu’il n’y a plus de Comité d’Entreprise et qu’il y a désormais un comité d’établissement. Accepter une réunion de comité d’établissement signifie accepter la fusion alors que la justice doit se prononcer, en appel, sur la légalité de la fusion RFI/France24, le 14 mai prochain. C’est pourquoi les élus de l’intersyndicale (FO, SNJ, SNRT-CGT et SNJ-CGT) contestent devant la justice la légalité de cette réunion entachée de plusieurs irrégularités.

– La direction ne respecte pas les salariés, comme elle ne respecte pas non plus le CE. Elle fait semblant d’informer et de consulter les élus alors qu’en réalité les jeux sont faits. Elle a déjà annoncé ses décisions concernant la grille unique aux personnels. Dans la construction de sa nouvelle grille, elle oppose les salariés les uns aux autres, détricote avec application l’expérience de RFI. Un travail de sape savamment orchestré au détriment des salariés de RFI et de la qualité de l’antenne.

La dernière manigance d’Alain de Pouzilhac : la grille unique. Elle lui permettra de diffuser, à l’envie, la télévision France 24 sur la radio RFI. Une antenne commune Afrique/Monde sans décrochages qui ne sera donc plus adaptée aux attentes de nos différents auditoires et destructrice d’emplois.

Nous appelons la CFDT de RFI à ne pas cautionner la fusion.

Paris, le 6 avril 2012

RFI

FO – SNJ- SNJ/CGT- SNRT/CGT- SUD

Par souci d’exhaustivité, signalons l’itw d’ADP à l’Express ce vendredi. En bref pour ceux qui auraient la flemme de lire la com’ patronale : mais puisqu’on vous dit que tout va bien, les salariés sont euphoriques, l’audimat explose, les comptes sont assainis…

Une communication précipitée, c’est que la semaine a été chaude avec différents articles (Libé, Télérama) désobligeants sur l’élaboration de la nouvelle grille.

Signalons aussi, concernant notre nouvelle DRH, Mme Sophie Letierce, cet article du Parisien relatant ses faits d’armes chez Wolters Kluwer, entreprise dans laquelle elle exerçait en tant que DRH au moment du plan social.

Joyeuses Pâques !!!

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Une fois n’est pas coutume… nous sommes d’accord avec la direction. Profitant du week-end elle fait paraître dans Challenge un appel d’offre pour une mission d’audit privée car l’AEF n’aurait pas réalisé assez d’économies.

Dans un souci d’efficacité, voici à l’attention de ce cabinet d’audit, les mesures que recommande l’intersyndicale pour mettre un terme à la gabegie qui caractérise l’Audiovisuel extérieur de la France depuis sa création :

1.           Licenciement immédiat d’Alain de Pouzilhac : 360 000 € + primes + une C6 de fonction avec chauffeur…

2.           Licenciement sans indemnités d’Alain de Pouzilhac, grâce à qui les multiples guerres de gouvernance (Christine Ockrent, Vincent Giret…) ont coûté des millions d’euros.

3.           Licenciement sans préavis d’Alain de Pouzilhac qui a été nommé pour faire des économies ! Il a toujours annoncé qu’il en avait fait et continue de promettre d’en faire!!

4.           Licenciement d’Alain de Pouzilhac car le coûteux déménagement de RFI , prévu à 25 millions d’euros, va en fait coûter le double !

5.           Licenciement d’Alain de Pouzilhac car hormis la destruction de la radio, sa couteuse fusion n’a été ni pensée, ni organisée, ni finalisée.

6.           Licenciement d’Alain de Pouzilhac qui prépare sans nous le dire un 3ème plan social. Un record en quelques années de pouvoir seulement ! Avec 320 personnes déjà mises à la porte, il n’est toujours pas capable de présenter un budget en équilibre.

7.           Licenciement d’Alain de Pouzilhac qui depuis 3 ans promet aux tutelles de faire des économies d’échelle et qui jusqu’à présent les a juste roulées dans la farine.

Avec un seul licenciement, l’AEF ferait plus d’économies que le PDG n’en a fait depuis 3 ans.

Paris, le 22 mars 2012

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Déni de réalité, révolte, dépression, résignation… voilà par quelles phases doit passer un salarié “fusionné”, soumis à la lessiveuse d’un plan social. C’est le credo cynique des grands manitous du management. Alain de Pouzilhac en a fait sa religion.

Tout est bon pour écraser, humilier le salarié de RFI.

En témoignent les derniers événements de la semaine passée :

D’abord,1ère étape : on annonce à 18 h (en oubliant un certain nombre de rédactions) un nouvel organigramme par voie de mail. Un organigramme qui démontre clairement -si on avait encore quelques illusions- que désormais F24 donne le là et dirige ! Il fallait bien que le PDG concrétise ses promesses/renvoie l’ascenseur. Un organigramme d’ailleurs qui n’est pas passé devant les instances.

2ème étape : on réunit à la va-vite les services en plein open-space, là où travaillent les présentateurs de RFI, pour présenter la glorieuse nouvelle équipe chargée de nous mater au knout. Dans le même temps -très important- on montre d’une part son mépris du travail accompli à RFI -qu’est ce qu’un présentateur, franchement ?- et symboliquement on phagocyte l’espace radio.

3ème étape : On insiste bien sur les projets télés, les CV à soumettre. Double manoeuvre : de l’enfumage managérial classique (faites remonter vos projets, on a besoin de vous !) et marteler que la radio est morte, qu’elle n’a plus d’avenir et qu’il faut bien que les salariés de RFI le comprennent !

Enfin dans la foulée, les quelques rares élus sont soumis à une pression infernale de la part de la nouvelle direction qui leur fait bien comprendre qu’il va falloir abandonner les avantages d’un autre temps de notre radio préhistorique.

Quant aux exclus, c’est avec violence qu’on veut leur faire comprendre pourquoi ils ne sont pas choisis.

Avec cette stratégie du rouleau compresseur, si les salariés de RFI bougent encore, c’est à n’y rien comprendre ! Et bien justement, ils bougent encore, Mesdames Messieurs de la direction.

Le personnel de RFI n’est pas dupe de votre guerre psychologique. Et l’intersyndicale continuera à se battre contre les violences faites aux salariés et cette logique du fait accompli et de la manipulation.

le 12/03/2012

 

RFI

FO   SNJ   SNJ-CGT   SNRT-CGT   SUD

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